ACTE II
un! (il va vers Paul.) Dis. doue, Paul, tu n’aurais pas envie de voyager?
PAUL
Moi? :
PIERRE
Tu ne fais rien.. . pas même ton droit. Voyons, si nous arrangions là un beau voyage. . . (il s’assied sur la cimise, h c«t*i de la table, eu face do sou frère.' Tu n’as pas songé quelquefois à aller bien loin, en Orient, par exemple? Un petit tour d’un an ou deux... Qu’en dis-tu? Ça ne te sourit pas?
• PAUL
Tu as entendu dire que les voyages formaient la jeu-
nesse, n’est-ce pas?
TIERRE
Ils mûrissent bien le vin de Bordeaux !
PAUL
Et tu croîs qu'en me promettant des paysages, tu vas me faire quitter Paris?... Paris! Mais tu ne te rappelles donc pas- ce, que c’était pour loi quand tu avais mon âge? Paris! mais rien que ce mot là... On voit la liberté de sa jeunesse et la femme qu’on aimera ! Tout ce qu’on s’est figuré... ce qu’on espère de la vie et ce qu’on n'en sait pas... c’est là! Paris! mais c’est le rendez-vous donné par les romans à vos rêves ! Paris ! je n’y ai encore vécu qu’une nuit... et il me semble qu’on y marche comme dans une féerie, de théâtre... à travers des surprises et des én-
chantements qui vous enveloppent... au milieu de femmes voilées qui vous échappent. . .
Ah ! ton domino ! toujours ton domino !