ACTE ITI
M. MARÉCHAL
Oui, Henriette... C’est que ce n’est plus un enfant que notre fille. Il faut bien nous mettre cela dans l’idée... Et elle aurait un petit sentiment, que ça ne m’étonnerait pas du tout. Alors vous ne vous êtes pas aperçue?
MADAME MARÉCHAL
Hein? Moi... non.
M. MARÉCHAL, reprenant »on journal.
Oh! je vous dis cela, c’est une idée. Vous savez, on sent ces choses-là... Oh ! je ne lui en voudrais pas. Nous ne pouvons pas toujours, nous autres pères, prendre toute la place dans le cœur de nos enfants, il faut être juste.
MADAME MARÉCHAL, allant à la cheminée.
Sans doute... oui, sans doute.
M. MARÉCHAL
Tiens! si tu lui en parlais? Je voudrais que tu lui en parles... Tu verrais...
Bien, mon ami, bien... oui... oui... Est-ce que vous avez vu ce bateau qui est échoué sur la plage? Ces pauvres gens font leur quête ce soir...
M. MARÉCHAL
Oh ! je connais ça : ici, c’est un métier de s’échouer.
(Un silence.)
MADAME MARECHAL
Tenez ! si vous restez, vous allez vousendormir, je suis sûre, comme hier.
M. MARÉCHAL, se levant.
Moi, par exemple!... Enfin, je vais toujours voir.
MADAME MARÉCHAL
Ah ! si vous rencontrez M. Pierre de Bréville, envoyez-le-moi donc, cet ours-là... Il y a un siècle...
M. MARÉCHAL
Je passerai au Casino... (Sur la porte.) Eh bien, n’oublie pas Henriette, n’ est-ce pas? Si tu trouves une occasion...
(Il sort.)