SCÈNE II
PIERRE et PAUL, arrivant et venant sur le devant de la scène. — Des masques an fond.
PIERRE
Écoute-moi, mon cher ami : tu as dix-sept ans, j'en ai trente-cinq. De notre famille, il ne nous reste que des parents. Tu es mon frère... et je suis un peu ton père... (Paul lui serre la main.) C’est vrai, je t’ai un peu élevé. Dieu merci! je suis bronzé pour deux... Quand on a été consul à Caracas, chercheur d’or à San-Francisco, et mangeur d’argent à Paris, on a des notions pratiques pour l’éducation des garçons. Aussitôt que tu as eu des poings, je t’ai appris à ne pas battre ceux qui étaient plus pe'.its que toi, et à ne pas être battu par ceux qui étaient plus forts. Au bain, je t’ai mené tout de suite où tu n’avais