ACTE III
de la faire remonter ici pendant la nuit... Il paraît que le jardinier, en venant le matin, l’autre jour, a vu des pas
dans le jardin.. . (Henriette, après un mouvement et un regard vers la fenêtre , va vivement vers la table et se met à servir le thé) des pas
d’homme, à ce qu’il dit...
MADAME MARÉCHAL, troublée.
Àh! il a vu...
M. MARÉCHAL
Oh! c’est bien arrivé à Robinson!... (A Henriette qui 1 e sort.) Pas de lait... non... Mais je te dis non... Tu as une manière de servir le thé, par exemple, ce soir! (A madame Maréchal.) Oui, ma chère, près de la maison, dans
1 allée... (Henriette repose sur la table la théière, et madamo Maréchal sa tasse do thé.) Bon ! vous voilà effrayées, je parie...
MADAME MARÉCHAL
Moi... mais... mais non...
HENRIETTE, se penchant vers son père comme pour couvrir sa mère.
Oh ! nous sommes une des seules maisons où il y ait des fleurs... On vient peut-être la nuit pour en prendre... C’est si mal fermé sur la plage...
(Madame Maréchal regarde sa fille.)
M. MARÉCHAL, s; levant.
C’est qu’il paraît qu’on exploite le pays depuis quelque temps... une bande de rôdeurs de nuit... Les Robiquet, tu sais?... Ils ont été complètement dévalisés pendant qu'ils étaient à Paris... On me sait souvent absent... Il
y a cette fenêtre du corridor... Vous feriez bien de la fermer. .. (Allant vers la porte du fond) Avec le treillage qui est contre la maison... c’est si facile de grimper, et on est tout de suite à vos deux chambres... (Apart.) En attendant, comme mesure de précaution, je vais toujours glisser une paire déballés dans mes pistolets... Tiens! Henriette...
(Il lui donne sa tasse.) Regarde-moi donc... (Lui prenant la main.) Mais tu as les yeux rouges?
Moi? Mais non... C’est qu’il commençait à faire froid au bord de la mer. . .
(Elle passe vers le guéridon, à droite, et prend un moment son ouvrage.)
M. MARÉCHAL, à madame Maréchal, assise à gauche.
As-tu parlé à Henriette ?
MADAME MARÉCHAL
Oui, mon ami.
M. MARÉCHAL
Eh bien ?
MADAME MARÉCHAL
Eh bien ! Henriette ne m’a pas répondu...
Mais, maman, vous savez bien, je vous ai dit...
M. MARÉCHAL
Allons! Henriette, pas d’enfantillage... Te voilà devant nous; ce n’est pas un tribunal, sapristi! Allons! faut-il