‹ Henriette MaréchalChapitre 2 sur 95 · PROLOGUE · texte numérisé non relu

PROLOGUE

Bast! tant pis, Mardi gras a lâché sa volière,

Et l'essaim envahit la maison de Molière,

Cent oiseaux de plumage et de jargon divei^s;

Moi, je viens, empruntant aux Fâcheux ces deux vers,

Dire au public surpris : " Monsieur, ce sont des masques

Oui portent des crincrins et des tambours de basques."

Des masques? Vous voyez un bal au grand complet;

Mais Molière, après tout, aimait fort le ballet.

Les matassins, les turcs et les égyptiennes

Se trémoussent gaîment dans les pièces anciennes.

L'intermède y paraît vif, diapré, joyeux.

Au plaisir de l'esprit joignant celui des yeux,

Et pour les délicats c'est une fête encore

D'y voir en même temps Thalie et Terpsichore,

Ces Muses, toutes deux égales en douceurs.

Se tenant par les mains comme il sied à des sœurs.

Quand s'interrompt d'Argan la toux sempiternelle.

On s'amuse aux archers rossant Polichinelle,

Et les garçons tailleurs s'acceptent sans dédain

En cadence apportant l'habit neuf de Jourdain.

(1) Ce prologue a été dit, au lever du rideau, par niadenioisello Ponsin.

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