‹ Henriette MaréchalChapitre 36 sur 95 · SCÈNE V · texte numérisé non relu

SCÈNE V

MADAME MARÉCHAL, assise et lisant; M. MARECHAL.

M. MARÉCHAL , allant à la table, auprès de madame Maréclml.

N'êtes-vous pas heureuse, aussi, vous, madame? je ne dis pas autant que moi... mais un peu... assez pour sourire à ma joie... Oh! ne vous étonnez pas de tout l'amour que j'ai pour cette enfant... (Il désigne la porte par

laquelle Henriette est sortie.) Je lui dois tant ! A meSUre

qu'elle a grandi, chaque jour, elle m'a apporté un peu du cœur de sa mère... C'est en l'embrassant que nous nous sommes rapprochés ! (11 prend lentement la main de sa femme, et la baise.) Oh ! je VOUS disais bien dans les commencements de notre mariage : Ayez confiance, laissez faire le temps , et vous verrez qu'un jour l'afTection viendra... Je la ferai venir à la fin, moi, je vous en

réponds,

^Ilsassied sur le canapé, à côté d'elle.)

MADAME MARÉCHAL

Oui, mon ami. Si jamais un mari a mérité d'être aimé...

M. MARÉCHAL

Vous êtes contente de moi, Louise? tout à fait contente de moi? Dans votre salon, vous me trouvez comme tout le monde, n'est-ce pas, comme tout le monde? L'ouvrier, soyez franche, dites-moi tout... mais est-ce que vous pouvez me blesser, vous? l'ouvrier, vous ne le retrouvez plus, bien sur? Voyez-vous ces deux sourcils-là, vous n'imaginez pas tout ce qu'ils m'ont fait souffrir, quand ils se fronçaient à un mot qui m'échappait, à un geste que je faisais... à une violence... Car je

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