‹ Henriette MaréchalChapitre 49 sur 95 · ACTE II · texte numérisé non relu

ACTE II

MADAME MAKÉCllAL.

Ah ! vraiment? attendrie, vous croyez?

PAUL

Oli ! c'a été une minute, madame, je ne vous dis l)as... Elle n'y aura plus pensé après... En ôtant son masque, elle ne se sera plus souvenue; mais là, dans le bal, sur la banquette où nous étions... oh ! je suis sûr qu'il y a eu un instant... Je la regardais... elle m'a regardée .. (Les yeux de Paul et de madame Maréchal se renooutrent. — Un silence.) et nous sommes restés une seconde à' ne nous rien dire... (Un silence, les yeux baissés.) Cette seconde-là, allez! elle mêla bien donnée...

MADAME MAEÉCHAL.

Oh! si vous en êtes si iSùr que cela... (Elle remonte la scène. — Se retournant.) Allons, tenez ! je vois ce que c'est : vous serez tombé, je parie, sur quelque femme de chambre de bonne maison, qui aura pris le domino et les airs de sa maîtresse... (Reven.ant à lui.) Eh bien! je vais vous donner un conseil... Il ne faut plus penser à cela, voyez-vous . Vous finiriez par vous rendre ridicule. . .

(Elle remonte la scèue et va vers le fond arranger un vase de fleurs.) PAUL, la suivant comme attiré.

Et pourquoi n'y plus penser, madame ? Qu'est-ce que ça fait que les romans soient faux? Ils sont plus beaux que la vie, voilà tout! (Aux paroles de Paul , madame Maréchal tourne lentement sur elle-même.) Pourquoi ne VOUlez-VOUS pas que je croie à cette douce aventure d'une femme du monde, jeune et belle... comme vous... égarée là, un soir, curieuse et tremblante, au milieu de tout ce plaisir? Pourquoi ne voulez-vous pas que cette femme ait laissé tomber un regard sur ma jeunesse? Et pourquoi ne voulez-vous pas que j'y pense (MadameMaréchal va lentement

vers la cheminée.) quand il me semble que vous m'y faites

7(i iii:.\kii:ttj^ mahecual

.■-oiiger davantage... truand je crois la sentir dans je ne sais quel parfum qui vous entoure... dans je ne sais quoi de vous qui a l'air d'être elle? Pourquoi ne voulezvous pas?

MADAME MARÉCHAL , se retournant vi\enient et s'iiccouJant à la cheminée.

Mais, moi, je neveux rien... Sans doute, je n'ai aucun droit... Et je ne puis vous défendre...

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