ACTE ir T.'i
la curioîsité de s"v l'aire mener pai' leurs nuiris... une fois dans une loge... pour voir... (Madame Man-fLal va s'asseoir sur la chaise près de la table et prend sur ses genoux son métier ;i tapisserie. — Paul est debout tout près d'elle.'* Eh IdIcd 1 au dernier bal, à la mi-carème, un domino eomme cela, qui avait perdu son mari et qui était insultée par un monsieur, réclama mon bras : cela a amené entre ce monsieur et moi un échange de paroles... un peu vives... et voilà d'où vient mon coup d'épée, madame.
MADAME MARÉCILVL.
Mais c'est une aventure, s'il vous plaît ! Vous vous êtes conduit la eu che\alier,.. Et vous ne connaissiez pas la femme?
PAUL
Kn aucune façon.
MADAME MARKCHAL.
Oh ! mais nous ne sommes plus habituées à ces dévouements-là... Comment, vous manquez de vous faire tuer pour une femme qui ne vous a pas seulement remercié... peut-être ?
l'ATIL.
Me remercier? Mais elle ne sait pas que je me suis battu pour elle ! Elle s'est sauvée, et elle n'était plus là quand la provocation a eu lieu.., C'est bien jeune, vous trouvez, n'est-ce pas, ce que j'ai fait là? Se battre poui' une vision... pour une femme à peine entrevue, qui passe par hasard, un moment, dans votre vie... Que voulez-vous? maintenant cela me fait un petit bonheur au fond de moi... Je me dis qu'il y a quelque chose entre nous, et que c'est impossible qu'il n'y ait pas quelque, chose... Si j'étais mort, il me semble qu'cllf aurait plem'é, ce jouv-là, .sans savoir...
MADAME MARÉCHAL
Quelle idée
PAUL
Et puis cette heui'e à sies côtés au bal... sa robe i|ue je sentais... (Madame Maréchal se recule.) les peiisées qui me isont A'enues près d'&lie... sa voix qui me touchait... Ah ! cela vaut bien les quelques gouttes de mon sang que je lui ai données ? Vous souriez ? Je suis sûr que dans la vie on fait encore de plus mauvais marchés que ça!... Et puis je peux la rencontrer, la retrouver... Pourquoi ça ne recommencerait-il pas, le hasard?
MADAME MAEÉCHAL, retoiu-nant la tête vers lui.
Parce que c'est le hasard... Mais, vraiment, monsieur, il faut que vous soyez enfant, mais enfant comme on ne l'est pas! Vous êtes unique avec votre femme mariée !... Quelque lorette qui se sera amusée de vous et qui aura joué le sentiment...
(Elle se lève et descend la scène.)
PAULj la suivant.
Ah ! madame, c'e^^t que vous ne l'avez, pas entendue ! non , non . . . C'était une femme. . , mon Dieu ! une femme . . . comme vous...
MADAME MAEÉCHAL, se retournant.
Je VOUS remercie bien... Et à quoi avez-vous reconnu cela, monsieur? Je serais curieuse?...
PADL.
A rien, madame, et à tout! A des paroles qui lui montaient aux lèvres et qu'elle ne dirait pas, au respect que je respirais près d'elle ! Elle ne m'a pas même laissé toucher sa main. , . Et pourtant elle a été attendrie un moment...