ACTE II S
MADAME MARÉCHAL, entrant par le fond.
Ah ! VOUS êtes seul, monsieur? Ces messieurs ne sont pas encore rentrés? Mais qu'est-ce que vous avez?... Est-ce que vous souffrez?
PAUL
Un peu, madame,., oh! presque pas...
MADAME MAEÉCHAL.
Voulez-vous que je sonne? que je fasse monter un domestique pour vous aider à regagner votre chambre?
PAUL, se soulevant sur la chaise.
Merci, madame, merci... c'a été un élancement... et puis, ce n'est plus rien...
MA DAIM E MARÉCHAL
Oh ! vous êtes pâle .. Respirez un peu, tenez !
(Elle lui pi-ésente un flacon. Il le regarde, le prend à mains jointes, se dresse debout.)
PAUL
Vous l'aviez, vous rappelez-vous?... C'était vous! C'est vous!
MADAME MARÉCHAL
Monsieur...
Je vous dis que c'f^st vous! Mais puisque je le sais!... puisqu'on me l'adit! puisque c'est vous!... Ah! vous ne vouliez pas me laisser rêver ! Eli bien, madame, je ne rêve plus!
MADAME MARÉCHAL
Monsieur, je ne sais vraiment où vous prenez...
PAUL
Madame, vous étiez au bal, à l'Opéra, à la micaréme...
MADAME MAEÉCHAL.
Monsieur!...
PAUL
Ah! tenez, c'est inutile encore une fois... Je viens, il n'y a pas cinq minutes, de toucher le domino que je tâchais d'effleurer de mes lèvres cette nuit-là !
MADAME MARÉCHAL
Eh bien! oui, monsieur, j'y étais. Après? J'ai même causé avec vous. J'ai peut être eu tort, mais c'est vrai. Après? Quel droit cela vousdonne-t-ilà me parler chez moi de choses que je ne dois pas entendre?... îsous ne sommes plus en carnaval, monsieur. Ici, vous êtes M. de Bréville, et je suis madame Maréchal... Je suis mariée, je suis mère, j'aime mes devoirs, monsieur, mon mari et ma fille... Vous m'avez compris, je pense?
vEUe passe devant lui, et va s'asseoir sur le canapé à droite. Vn silence . '
PAUL, après avoir rapporté lentement le Hacon qu'il pose sur la table.
Ah ! tenez ! tout à l'heure, madame, vous me disiez que j'étais un enfant... Un enfant, ce n'est pas dangereux... Eh bionl supposez-moi encore plus jeune que je ne suis... que je sois un enfant tout à fait... pas autre chose... Alors, on a des adorations qui ne font de mal à personne... Les gens âgés en sourient, les plus méchants leur pardonnent, le mari ne s'en inquiète pas... et la femme... ill s'avance derrière le canapé.) la femme sen laisse caresser comme par le parfum de ce qui fleurit, et la musique de ce qui chante. (Il passe derrière elle et lui parle dans le dos.) Cela flotte et voltige autour d'elle... à peine si cela l'effleure... C'est de l'amour... mais de l'a-