‹ Henriette MaréchalChapitre 56 sur 95 · ACTE 1] fcô · texte numérisé non relu

ACTE 1] fcô

nioiii' qui ne dérange rien de sa vie... qui ne prend rien de son cœur... qui ne veut rien d'elle que ce qu'elle donne à tout le monde... De l'amour... qui n'est pas de l'amour! (Il s'appuie et se penche sur le canapé.) La regarder quand elle ne vous regarde pas, s'endormir avec une phrase qu'elle vous a dite, se tenir tout petit et tout content dans l'ombre de sa robe... et puis, un Jour, une fois, un moment, dans une promenade, sentir la chaleur de son bras passé autour du vôtre. . . Maison ne demande rien de plus! La femme dit : C'est un enfant...

(Paul est tout à fait derrière madame Maréchal,

qui détourne la tête.)

ArADAME MARÉCHAL.

Monsieur, restons-en là, je vous en prie, pour vous et pour moi...

(Elle se lève, et va vers le fond pour sortir.)

PAUL, l'arrêtant en se mettant devant elle.

Ah! écoutez-moi encore un peu... Mais c'est impossible que je ne vous sois rien... Il y a comme une main qui nous a poussés l'un vers l'autre... une fatalité, si vous voulez, je ne sais pas... Cette rencontre... ce coup d'épée qui me jette mourant à la porte de votre parc... moi ici, chez vous!... Oh! vous n''auriez pas le courage de me chasser!...

MADAME MARÉCHAL

Monsieur, au dîner, vous ne me verrez pas : je serai malade... Et je vous demande de ne jamais chercher à me revoir... jamais, entendez-vous?

PAUL

Oh! par grâce, pitié!... vous revoir!... si! vous

revoir! Oh! restez! (Il parle dans le dos de madame Maréchal qui fuit lentement vers la droite, devant le canapé.) Je voudrais

tant!... Aujourd'hui!... rien qu'aujourd'hui!... jusqu'à ce soir!... Encore un peu!... Oh! vous serez bonne... Ce sont mes nuits de fièvre... voyez-vous... Je ne dormais pas... toujours la même idée... toujours vous!... On devient fou! . . . (Madame Maréchal se retourne ) Oh! pardon. . . je ne dirai plus cela... Ne me renvoyez pas, dites? Que je reste!... oh ! que je reste!... Madame... Madame...

(Il tombe sur le canapé. D'une voix qui s'éteint.) Ah! tenez,'

maintenant, je ne m'en irai pas... Je... je ne peux plus...

(Il s'évanouit.)

Madame Maréchal le regarde, s'arrête, hésite, court à la sonnette de la cheminée, sonne, fait un geste d'impatience et d'angoisse, puis court à Paul évanoui, lui jette un baiser sur le front, recourt vers la sonnette, se retourne, aperçoit Paul soulevé sur le canapé et lui tendant les bras. Elle pousse un cri et se cache la figure dans ses mains.

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