ACTE in
MADAME MARÉCHAL
Ah' M. Pierre de Bréville...
J'étais avec papa, nous revenions du cl^emin de fer.
MADAME MARÉCHAL, avec un niouvenieiit de joie.
Il le dira à son frère... je serai sauvée !... (A Henriette.) Viens donc ici, ma chérie. (Henriette s'assied sur une chaise à côté de sa mère.) Mais tu fais bien peu de toilette pour Trouville, il me semble?
Tu ne me trouves pas assez belle, maman?
MADAME MARÉCHAL
Tu sais, pour moi... Cela ne t'amuse pas, la mer?
Oh ! si !
Tu ne trouves pas cela un peu triste? C'est si grand...
Ce n'est pas plus triste que le ciel.
MADAME MARÉCHAL
Nous avons causé de toi, tout a l'heure, avec ton papa, Henriette.
Ahl
MADAME ÎIARÉCHAL.
Oui... il te croit le cœur un peu pris, figure-toi!
Elle lui lait une caresse sur la joue.
!H, }IEXR1ETTE 3IARECUAL
HE-NUTliTTE.
Et VOUS, maniant
MADAME MARÉCHAL
Moi, je te le demande, mon entant. (Klle lui prend le bras et l'approche tout près d'elle.) Oh ! tii auras confiance en moi... Dis-moi cela tout bas, à l'oreille... Je veux tes confidences, moi... Tu m'as toujours dit tout... Une mère c'est comme une sœur aîniU". . . oa comprend tout. Qu'est-ce que nous voulons, ton père et moi? que tu sois heureuse, n'est-ce pas? heureuse pour la Vie avec un mari do ton choix... [Henriette se lève; madame Maréchal la reprend par les doux mains.) xse crains rien... Mais je te demande un peu pourquoi tu ne me le dirais pas? Voyons, est-ce qu'il n'y a pas ici un monsieur que tu trouves mieux que les autres?
HENRIETTE, debour.
Moi?... mais non.
MADAME MARÉCHAL, la tenant toujours par les mains.
L'n monsieur que tu vois... quand tu ne le regardes pas?
Non.
MADAME -MARÉCHAL, la regardant.
Quand tu ne penses à rien, il n'y a pas quelqu un auquel tu penses un peu?
Non... non.
MADAME MARÉCHAL, se levant.
Alors ton père se sera trompé... il avait cru s'apercevoir... (Elle se rotonrnc vers Henriette.' Voyons, mon ange.
ACTl': 111 '.17
c'ofcil Ja vérité bien vraie... tu n'aimes personne, bien sûr? Tu ne me caches rien? (Elle lui lève la tète avec lu main.) Tes yeux... que j'y voie ton cœur.
Mais non, maman... Ah! on a sonné... je me «auve. (^iur la porte.) Je reviendrai...