‹ Henriette-Marie de France, Reine d' AngleterreChapitre 1 sur 143 · AVANT-PROPOS · texte numérisé non relu

AVANT-PROPOS

En racontant, d'après des documents noufveaux, la vie d'Henriette-Marie de France, reine d'Angpleterre, nous avons tâché, autant qu'il était en nous, de réparer une des injustes nég^ligences de l'histoire. Malg'ré cette maniaque épopée, qui s'appelle l'oraison funèbre de Bos«suet, malgré les Mémoires de M"* de Mottevîlle et quelques esquisses biographiques, cette princesse est restée jusqu'à nos jours presque une inconnue dans sa propre patrie. Sans doute, le fracas produit par l'écroulement d'un trône et l'éclair sinistre de la hache , qui fit tomber la léle de Charles P% ont pu détourner l'attention publique de cette reine, à laquelle pourtant aucune g*randeur, mais aussi aucune douleur n'avait été épargnée; peut-être même le roman si

II AVAMT-PROPOS.

brillant et sî court de la seconde Henriette, celte jeune fleur arrachée de sa tige avant Tautomne, a-t-il contribué à reléguer au second plan la noble figure de sa mère. Cependant plus nous avons pénétré dans son existence pleine de péripéties dramatiques, plus nous avons compris qu'une place, et une place d'honneur, lui appartenait dans la galerie des femmes illustres du dix-septième siècle, qui ont su commander, souffrir et se dévouer.

Un philosophe ancien a dit : « Une lutte digne de Dieu, c'est celle de F homme courageux aux prises avec l'adversité'. » Combien ce spectacle devient-il plus saisissant encore lorsqu'il s'ag^it d'une femme, (c fille, épouse et mère de rois », dont l'âme fière et généreusCi dans sa frêle enveloppe, a toujours su s'élever et se maintenir au-dessus du niveau des plus terribles infor* tunes. C'est ainsi que nous nous sommes efforcés de la faire enfin connaître par ce récit impartial, puisé aux sources les plus authentiques.

L'Angleterre nous a devancé de plusieurs

* Sénèque, de Providentiâ»

AYANT-PROPOS. lU

années dans cette œuvre de réparation : deux femmes surtout ont mis au service d'une si noble cause un zèle et une persévérance infatigables; elles ont frappé à toutes les portes pour mener à bien leur entreprise et nous ont ainsi ouvert de précieuses voies d'informations. Appartenant toutes deux à une religion différente de celle de la reine, catholique par excellence, elles n'en ont pas moins su l'apprécier a sa juste valeur, et prendre résolument sa défense contre ses ennemis. La première, miss Agnès Strickland, a consacré à Henriette-Marie une étude aussi consciencieuse que pleine d'in térêt*; l'autre. M" Anne Everett Green, a publié une traduction anglaise de la correspondance de cette princesse, en raccompagnant de notes historiques, fort utiles a consulter'.

La reine apportait dans cette correspondance la même activité qu'en toutes choses, et les lettres qui nous restent d'elles sont nombreuses ; nous les donnons aujourd'hui pour la première fois dans leur langue originale. La

< Uves of ihe queens of Bngland, tome IV. > Utters of Henrieita Maria. Lond., 1857.

Page 1