IV AVANT-PROPOS
partie la plus importante est celle qui s'adresse à Charles P' et que Henriette-Marie écrivit au milieu des plus poignantes épreuves qui puissent être inflig'ées à la nature humaine : « lettres confidentielles, où le cœur, en s'épanchant loin de Tœil du public, révèle involontairement les caractères* ». Celui d'Henriette -Marie s'y reflète en efiBt comme dans un miroir fidèle : on l'y trouve énergpique et vaillante jusqu'à la témérité, tendre et dévouée jusqu'au renoncement personnel le plus complet; elle est avant tout préoccupée du roi, de ses amis et de ses partisans ; dans ses propres malheurs , c'est seulement à Dieu et à l'amour de son époux qu'elle en appelle. Si elle se voit obligée trop souvent de s'indigner contre les lenteurs et les irrésolutions de Charles, elle sait aussi trouver des mots charmants, pour lui exprimer tout ce que son cœur renferme d'affection et de dévouement. Dans les reproches qu'elle lui fait, on sent toujours dominer ce souci du prestige de la royauté qu'il compromet trop souvent et qu'elle tient à lui conserver à tout prix. Nous n'insiste-
* V. Cousin. Jf«e de Longueville. Avant-propos.