‹ Henriette-Marie de France, Reine d' AngleterreChapitre 6 sur 143 · ÉTUDE HISTORIQUE · texte numérisé non relu

ÉTUDE HISTORIQUE

JEUNESSE d'hENRIETTE-MARIE.

Henriette-Marie de France naquit au Louvre le 25 novembre 1609 : elle était le sixième enfant et la troisième fille de Henri lY et de Marie de Médicis. Dès que, selon lusage, la nouvelle princesse eut été présentée à son père, sous les yeux des ministres et des membres du conseil, il la prit, Tembrassa et la remit aux mains de sa gouvernante madame de Montglat^, qui avait reçu ainsi tous ses frères et sœurs au moment de leur naissance. La Petite Madame fut installée dans la même chambre que son frère Gaston, âgé d'environ quinze mois.

Les rapports entre les royaux époux n'étaient alors rien moins que tendres^ : Henri souffrait du ca-

* Veuve de Robert de Haday, marquis de Montglat, premier maître d'hôtel du Roi, mort en 1607 : elle avait une parenté éloignée avec la reine Marie de Médicis.

* « La feue reine-mère ne vivoit pas trop bien avec luy (Henri IV) ; elle le chicanoit en toutes choses. Un jour qu'il fit donner le fouet à M. le Dauphin :

â HENRIBTTE-MABIE DE FRANCE.

ractère à la fois faible, emporté et dévot à Texcës Je la princesse italienne; celle-ci, blessée dans ses afTcctions par les nombreuses infidélités du roi et dans son orgueil par Tarrogance de la marquise de Verneuil, la favorite attitrée, se montrait en outre fort irritée du refus persistant de son époux de faire procéder à son couronnement. C'était Tobjet des plus amères récriminations de la reine , surtout depuis qu'elle lui avait donné une nombreuse et florissante lignée. La répugnance du roi pour cette cérémonie avait, disons-le, pour motif une sorte de crainte superstitieuse, qu'on peut être surpris de rencontrer dans Tàme de ce grand homme, qui avait tant de fois bravé la mort avec cette insouciance qui fait les héros. Une diseuse de bonne aventure, payée peutêtre par la jalousie d'Henriette d'Entraigues, lui avait prédit qu'il ne survivrait pas un seul jour au couronnement de la reine et, obsédé malgré lui par cette sinistre prophétie, Henri avait toujours différé de se rendre au désir de cette princesse. Mais aprës la naissance de sa dernière fille , à force de larmes et d'importunités , et malgré les représentations de Sully qui , pendant trois jours entiers , avait plaidé près d'elle la cause des funestes pressentiments de son maître, elle arracha enfin au roi la promesse qu'il donnerait des ordres pour que la cérémonie

* Ah ! luy dit-elle , vous ne traiteriet pas ainsy vos bastards. — Pour mes bastards, répondit-Q, il pourra les fouetter, s*Us font les sots ; mais luy il n'aura personne pour le fouetter. » — Tallemant des Réaux. ffUtor., 1. 1. p. 10. JËdit. 1856.

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