Mém. hist. et chronol. sur Port-Royal, t. II, p
2. Lettre d'Ant. ArnaulJ du 10 juin 1668, Œuvres, t. I, p. bgS.
3. Constitutions du monastère de Port-Royal (Mons, Gaspard Migeot, 166?, in- 12), p. 6.
Pour en revenir à la personne môme de notre Henry Arnauld, un fait, qui semble à première vue sans importance, montre qu'avant toutes choses il tenait à rester attaché à l'Eglise romaine et à reconnaître publiquement la puissance pontificale. Lorsque Pavillon montra à Gondrin le projet de son fameux mandement du i*'^ juin i665 sur le Formulaire, l'archevêque de Sens s'en déclara satisfait, sauf de la formule initiale : « Nicolas, par la grâce de Dieu et du saint-siège apostolique, évêque d'Alet. » « Ce stile est nouveau, écrit Gondrin au promoteur d'Alet, et n'a commencé à estre employé que vers l'an 1607 par quelques évesques bassement attachez à la cour de Rome^. )) Pavillon, suivi par Ghoart, décida de s'intituler seulement « évêque par la miséricorde de Dieu ». Henry Arnauld persista au contraire à prendre le titre d'évêque « par la miséricorde de Dieu et par la grâce du saint-siège apostolique^ ». « Je suis, disait-il à Grandet en 1674, presque l'unique évêque en France qui intitule ainsi ses actes •^. » En tous cas, parmi les évêques attachés à Port- Royal, il y en avait peu qui n'adoptassent l'opinion si brutalement exprimée par Gondrin. Ce minime détail ne montre-t-il pas clairement que Henry Arnauld était loin, comme on l'a dit souvent, d'avoir des tendances hérétiques?