Ibid., Vescovi, vol
6. Cette lettre est publiée par Varet, t. Il, p. 549-563. Il pense (p. 445) qu'elle fut écrite en 1677 ^^ 1678. Les Mémoires sur le Formulaire lui attr'buent (t. II, p. 49) la date de 1677. Elle n'est que de 1680, puisque Henry Arnauld y parle, comme de chose toute récente, de l'édition de ses synodes, qui date de cette année; il y a d'ailleurs d'autres preuves. Dans les papiers jansénistes de la bibliothèque de Bruxelles, provenant en partie du P. Quesnel, se trouve (ms. 22193, fol. 3i) un extrait de cette lettre daté de 1676 ou 1677. Quant à Besoigne, il commet de telles confusions au sujet des rapports de Henry Arnauld et d'Innocent XI (Vie des quatre évéques, t. I, p. 3oi- 3o2) qu'il n'y a pas à faire ctat de ses dires.
pourquoi il faut encore en garder le secret comme si cette paix était chose comparable aux « plus noires œuvres de ténèbres ». L'évêque d'Angers expose au pape, sur un ton vraiment pathétique, toutes les imputations mensongères, toutes les calomnies dont sont l'objet les quatre évêques depuis dix ans, en même temps que le mérite presque surhumain qu'ils eurent à se taire; aussi Henry Arnauld veut-il affirmer encore une fois hautement devant le pape la distinction du fait et du droit et blâmer les manœuvres de la Sorbonne contre son frère ; il demande à Innocent XI d'autoriser publiquement et solennellement la divulgation des clauses de la paix. Tout bien disposé qu'était le pape, il était illusoire de se figurer qu'il reviendrait sur l'œuvre de ses prédécesseurs; en effet, la paix de Clément IX était une sorte de contrat synallagmatique entre le pape, le roi et les quatre évêques; il n'était pas possible que l'une des parties en modifiât une des conditions essentielles sans le consentement de l'autre. Or, il n'est pas besoin de dire que jamais Louis XIV ne se serait prêté à cette divulgation.
Cependant, le saint-siège n'eut aucun ressentiment contre la lettre si osée de l'évêque d'Angers; par contre, la cour de France en conçut une violente colère. Dans le long mémoire de ses griefs contre Innocent XI que le Père de la Chaise envoya à Rome en i685, nous notons celui-ci : « Monseigneur l'évêque d'Angers ayant écrit au Pape une lettre pleine d'invectives contre ceux qui défendent l'Eglise et de louanges de la doctrine de Jansénius, où il se plaint de ce qu'on fait souscrire en Sorbonne la censure de la Faculté contre M. Arnauld, cette lettre a été bien reçue du pape; du moins Sa Sainteté n'a-t-elle donné aucune démonstration publique qu'elle ladésapprouvât^. » C'est la vérité : peu après avoir reçu la lettre de Henry