Vie de Nicole, p
nuyoit de toutes ces visites et que, si cela duroit, il s'en iroit* ». Larrière rapporte aussi, d'après une relation manuscrite du voyage qu'il a connue, l'étonnement et même la déception que l'aspect extérieur d'Antoine causa à tout ce monde; sa petite taille, son aspect effacé'^, sa simplicité d'allures et, ajoute malicieusement Grandet, la difficulté extrême qu'il avait à s'exprimer^ ne donnaient pas l'impression de cet « Annibal » décrit par le Père Maimbourg^. Grandet rapporte les conférences multiples tenues généralement aux Mortiers, chez Héard, qui eurent lieu pendant le mois d'octobre entre Arnauld et les jansénistes influents, tels Chardon, Bourigault et nombre d'Oratoriens^. Le curé des Ponts-de-Cé voulut même qu'Antoine vînt confesser dans sa paroisse^; on fit une épigramme latine en l'honneur de l'illustre visiteur, dans laquelle on relève ce vers :
Tu Gaesar nobis dum Pontes Caesaris intras.
Antoine fut mal reçu au séminaire, ainsi qu'on pouvait s'y attendre; « comme Calvin», répétait plus tard Henry; on aurait même montré la porte au docteur avec une médiocre urbanité^.
Le docteur ne prit pas soin en Anjou des affaires doctrinales seulement. Mais, avec son activité variée et infatigable, il se mit à régler strictement la maison même de