Grandet, t. I, p. i3o; t. II, p
son frère ^; l'abbé Arnauld, qui aimait à recevoir, endettait son oncle plus que de raison-, et le bon septuagénaire n'y voyait pas malice. Ayant épuré les comptes et restreint les dépenses inutiles, Arnauld quitta Angers le 3 novembre pour ne plus jamais revoir son frère.
Cette visite fut-elle suivie de conséquences aussi définitives qu'on le pourrait croire? Evidemment, elle réveilla bien des passions; les luttes que nous verrons prendre dans le diocèse une chaleur nouvelle à propos de l'Université, ainsi que ces actes de réelle intolérance auxquels Henry Arnauld va s'abaisser, y ont une de leurs causes principales.
Cependant, la visite de son frère n'excita pas chez l'évêque des sentiments antijésuitiques bien violents et ne « renversa » pas autant sa « cervelle » que François Grandet veut bien le dire 3. Antoine Arnauld avait à peine quitté Angers que, curieux contraste, le 14 du même mois de novembre, Henry s'installait chez les fameux Jésuites de La Flèche, semblant oublier que de cette maison étaient sortis des livres violents, injurieux même, contre le docteur et Port-Royal^. Il resta au collège jusqu'au 22 novembre, afin de présider aux brillantes fêtes données en l'honneur de saint François Borgia, récemment canonisé. Comme le véritable pasteur, Henry Arnauld voulait assurément prendre soin de tout son troupeau; mais il ne se contenta pas de remplir strictement le devoir de sa