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rieure de la Visitation; il aurait même convoqué à la grille de la Visitation ses trois acolytes, Chardon, Héard et Bourigault, qui, selon Grandet, l'endoctrinèrent contre l'Université, mais d'une façon si peu persuasive que, rentrant à l'évéché, Arnauld se serait trouvé du même avis que son fidèle Musard, c'est-à-dire décidé à ne faire aucune action d'éclat contre l'Université. Mais, comme les traîtres de mélodrame, pendant que Henry Arnauld rentrait par une porte. Chardon, Héard et Bourigault se faufilaient dans l'évéché par l'autre et y firent une semonce tellement verte au pauvre Musard, l'appelant domestique, mercenaire, etc., qu'ils le convertirent à leurs opinions. Puis ils se lancèrent contre le prélat, 1' « assiégèrent jusqu'à dix heures du soir » et le forcèrent à signer et à publier une ordonnance que Chardon aurait dressée d'avance.
Quels qu'aient été les inspirateurs de Henry Arnauld, celui-ci, en tout cas, publia une ordonnance qui fut signifiée le 4 mai à l'Université^, malgré les démarches du chancelier, qui s'évertua en vain à montrer à Henry Arnauld que son acte était peu raisonnable "^
Il est très injuste de considérer l'ordonnance du 4 mai, dont les défauts sont d'ailleurs très évidents, comme une chose absurde et sans justification possible. En effet, quel avait été le but avoué du roi dans la paix de l'Église, sinon d'empêcher toute contestation en imposant silence sur le fait de Jansénius? L'Université, appuyée par les lettres de cachet, ne pense évidemment qu'à renouveler la lutte.
L'ordonnance de Henry Arnauld contient cependant des maladresses qu'il est impossible de dissimuler; d'abord, elle porte que la paix de l'Église est fondée sur la distinction du fait et du droit telle qu'elle est exprimée dans les
1. A onze heures du matin (Lettres théologiqueSj p. 3gb). L'ordonnance est publiée dans le Récit..., p. 3 et 4.