Ms. d'Angers i256, fol. 197 \o
procès-verbaux des quatre évêques. C'était la dernière chose à dire; car le roi, comme nous l'avons vu, se refusait à divulguer ce côté secret de la négociation de 1669, et, pour être simplement conséquent dans sa politique, il était nécessaire, par suite, qu'il cassât l'ordonnance épiscopale.
L'évêque de Grenoble, futur cardinal Le Camus, qui a très bien aperçu les mauvais côtés de l'ordonnance du 4 mai et en a même exagéré l'importance \ l'accuse aussi de manquer d'opportunité. Le nouveau confesseur du roi était un homme très vindicatif^; de plus, Châteauneuf, secrétaire d'Etat, de qui relevait l'Anjou, « garde, dit Le Camus, de grandes mesures avec le Père de la Chaise^ ». A Angers même, Henry Arnauld savait pertinemment qu'il allait se heurter à des docteurs très déclarés contre lui, tels que La Barre, Deslandes, Rebous ou Macé, qui faisaient volontiers l'office de délateurs, « colonnes inébranlables contre toutes les nouveautés », et auxquels reviendra la gloire d'avoir « en toutes occasions signalé leur zèle pour bannir de l'Université d'Angers les sentiments de Jansénius et de Descartes et, avec une sainte rigueur, procuré l'exécution des ordres de S. M. pour la signature du Formulaire^ ».
Mais voici, croyons-nous, ce qui nuira surtout à Henry Arnauld, et de cela du moins il ne porte pas la responsabilité ; les gens mal informés, — volontairement ou non, — de la suite des affaires de l'Université que nous venons
1. C'est Pontchâteau qui lui avait communiqué cette ordonnance; Le Camus la qualifie, dans sa lettre du 6 août 1676, d'acte « qui me fait beaucoup de peme » [Lettres de Le Caînus, éd. Ingold, 1892, p. 269).