Mémoires de l'abbé Le Gendre (éd. Roux, i863), p. i
5. Louis XIV et le saint-siège, t. I, p. 220, et t. II, p. 478.
trop certaines i, lui aliénèrent complètement la faveur d'un saint pontife comme Innocent XI; un prélat traité en public de « vieillard de Babylone^ » par le pape ne pouvait guère avoir d'influence à Rome.
En même temps qu'Antoine négociait avec l'archevêque, Henry Arnauld, ayant appris c^ue La Barre implorait la cassation de l'ordonnance, envoya à Paris le syndic de son clergé, qui fut, s'il faut en croire Grandet^, très mal reçu par Pomponne. De plus, l'Université avait pris conclusion le 21 mai, protestant contre le droit de juridiction que l'ordinaire voulait s'arroger sur elle^. Dès avril, M"® Rousseau avait écrit une longue lettre à Pomponne sur cette affaire^, lettre fort outrecuidante et de peu de bon sens; pour faire apprécier la qualité supérieure de ses informations, elle enferme dans sa lettre au secrétaire d'Etat une enveloppe à elle adressée par Henry Arnauld. Gabrielle Rousseau cherche à excuser la conduite de l'évêque en affirmant qu'il ne fait rien par lui-même, que son naturel « doux et pacifique se laisse mener par quelques violents », dont il importerait d'obtenir l'éloignement. Grandet affirme que Pomponne porta cette lettre au roi; M'**" Rousseau, plus puissante qu'un ministre, aurait même obtenu ainsi la révocation de l'exil de Henry Arnauld, qui était décidé en principe^!
On voit combien d'intrigues étaient nouées autour de
1. Il n'y a pas qu'Ezéchiel Spanheim qui ne le dise en un chapitre bien connu (p. 244-248). Voir aussi une lettre de Fénelon à Louis XIV. citée par M. de Boislisle (Saitit-SimoUy t. II, p. 349), etc.
2. Cf. Michaud, Louis XIV et Innocent XI, t. IV, p. 3io et 383.
3. « Mr de Pomponne, le voyant, lui dit d'un air en colère : H Venez-vous icy pour cette belle ordonnance » (t. II, p. 11).