‹ Henry ArnauldChapitre 154 sur 267 · Mém. hist. et chronol.^ t. II, p. 86-87 et · texte numérisé non relu

Mém. hist. et chronol.^ t. II, p. 86-87 et

la maison depuis peu'. Dom Simon ^ et l'auteur des Mémoires, sur le FormulairQ^ attribuent à Tarchevêque la rédaction même de l'arrêt de Ninove, ce qui rendrait sa trahison plus indigne encore.

Il faut rectifier, croyons-nous, ces opinions sur la nature et la qualité des influences qui s'exercèrent sur le roi à propos des affaires angevines. Les auteurs dont nous parlons accusent, sans en savoir rien, Louis XIV d'avoir été poussé aux mesures sévères par Harlay et avec lui par le P. de la Chaise. Le confesseur dirigeait volontiers son royal pénitent vers les moyens extrêmes; mais il ne faut pas mettre Harlay sur la même ligne que le fameux jésuite. L'archevêque n'était pas un ennemi acharné des opposants au Formulaire : « MM. Arnauld et Nicole étoient bienvenus chez lui », écrit Le Gendre, son secrétaire^, et nous avons pu voir qu'il s'entretint librement et sans passion avec Antoine Arnauld au moment de l'arrêt de Ninove. M. Gérin a montré aussi que son hostilité contre les jansénistes n'avait rien de farouche ni de bien passionné^.

Assurément si, dans le conseil de conscience, les dispositions antijansénistes de Louis XIV, favorisées par le confesseur, avaient pu être atténuées par quelqu'un, Harlay aurait été ce modérateur. Malheureusement, les mœurs scandaleuses de l'archevêque de Paris, qui ne sont que

1. Mém. hist. et chronol., t. II, p. 96-98. De là aurait résulté l'exil de Marie-Constance.

2. Préjugés légitimes contre la signature (ms. Gazier), t. II, p. 9.

3. Mémoires historiques sur le Formulaire, t. II, p. 38 : « On attribua dans le tems la tournure de l'arrêt du camp de Ninove à M. de Harlai, et il paraît qu'il n'y a guère lieu d'en douter. » Presque dans les mêmes termes la Vie de Vialart (Utrecht, 1738), p. 287.

Page 1