De Versailles, 23 juillet 1676 {Récit..., p
7- Il y a une excellente note sur les doctores foreuses dans le ms. d'Angers i253, p. 286.
dues, qui, à cause de leur éloignement, assistaient très rarement aux assemblées, étaient, en grande partie, amis de l'évêque^; Arthaud les appela à Angers en secret. Le 4 août au matin, l'Université se réunit à une messe solennelle; les docteurs partisans de La Barre se croyaient sûrs d'un nouveau triomphe quand, tout à coup, ils se trouvèrent, à leur grande stupéfaction, en face des curés campagnards. Ils avaient cependant eu vent de quelque manœuvre de ce genre, si l'on en croit La Barre ^, parce que l'on put remarquer « diverses allées et venues de Balthasar Musard, secrétaire de Monseigneur l'évesque, et ses colloques particuliers avec le sieur Arthaud pendant la messe. » Les docteurs antijansénistes, entrant en assemblée, constatèrent donc qu'ils étaient en minorité; le coup monté par le syndic était couronné d'un plein succès. Il ne semble cependant pas opportun; cette opposition se réveille trop tard; il aurait été assurément préférable de préparer une attaque de ce genre contre le serment avant que la Faculté se soit ralliée tout entière aux décisions royales. Nous verrons aussi combien cette manœuvre était dangereuse et de quelles sanctions elle fut frappée. On se fait sans peine une idée des violentes discussions qui agitèrent l'assemblée. Le parti janséniste l'ayant emporté, il fut rédigé, à la pluralité des voix, une conclusion protestant contre le serment inventé par le chancelier, décidant qu'il n'en serait tenu aucun compte et qu'on « attendroit de nouveaux ordres de la cour »; jusque-là, il fallait prêter pleine et entière obéissance aux ordres épis-
1. En particulier Le Royer, curé de Feneu; Passer, curé de Vern (cant. du Lion-d'Angers, arr. de Segré) ; Tonnelier, curé d'Alençon (cant. de Thouarcé, arr. d'Angers); Barbot, doyen d'Écuillë (cant. de Briolay, arr. d'Angers), et Lépicier, doyen de Craon, qui furent plus tard exclus de la Faculté.