‹ Henry ArnauldChapitre 196 sur 267 · Récit cité · texte numérisé non relu

Récit cité

(5. Cette pension fut payée par Gabriel Constantin à sa sœur au moins depuis mars i663 jusqu'à mars 1682, comme il appert des

ET LE JANSÉNISME. 3l3

grand prévôt, professât des opinions si différentes des siennes qu'elles chagrinaient beaucoup Port-Royal et que Henry Arnauld s'en lamentait. Gabriel Constantin disait ouvertement que les religieuses devaient toutes signer le Formulaire, sans « entrer en discussion des questions qui surpassaient leur capacité ». « Chose horrible », ajoute Févêque^.

Il ne faut d'ailleurs pas croire que les Visitandines d'Angers donnassent une pleine satisfaction à leur évêque : on sait quel extrême désintéressement montrait le monastère de Port-Royal pour la réception des religieuses. Au xvif siècle, dans la plupart des autres couvents, on exigeait d'elles une dot plus ou moins forte et on excluait impitoyablement les filles sans ressources. Henry Arnauld écrivait à ce sujet à Angélique de Saint-Jean'^ : « Ce que vous me dittes, ma très chère nièce, sur les bénédictions que les pauvres filles que l'on reçoit attirent sur les maisons religieuses est tout à fait admirable. Et plût à Dieu pouvoir graver ces maximes dans les cœurs de toutes mes filles; mais je n'en sçaurois venir à bout... Si elles avoient reçues une fille pour rien, elles croiroient que leur maison abismeroit et qu'elles mourroient toutes de faim, et moy je me tue de leur crier qu'elles seroient plus riches qu'elles ne sont... »

Lorsque Ton connaît les rapports d'intime affection qui liaient Henry Arnauld avec les Visitandines, il semble qu'il faille croire qu'il pensait à d'autres qu'à elles quand il écrivait ainsi à sa nièce. La chose est cependant toute différente. Nous savons d'abord que l'admission à la Visi-

quittances inventoriées après le décès de Gabriel G. (cf. le texte de cet inventaire ap. A. Joubert, les Constantin, p. 243).

1. Fragment autographe de lettre non datée [1680], ms. fr. 19734, fol. 58 vo. D'ailleurs, on peut voir par un passage de Grandet (t. II, p. 394) que le grand prévôt était très antijanséniste.

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