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CHAPITRE III

Les « ACCOMMODEMENTS » PROJETÉS d'AnTOINE.

Ces engagements partiels entraînaient lorcément Henry Arnauld dans la lutte, malgré ses répugnances ; il ne pouvait, en définitive, s'abstenir de paraître sur le champ de bataille où figurait sa famille tout entière; sa place y était marquée, son rôle déterminé par plus fort que lui. Il n'y avait pour l'évêque d'Angers d'autre moyen pour se dégager de ces disputes que d'en tarir la source même, c'est-àdire de réconcilier Antoine avec Rome; il fallait commencer par la Sorbonne.

Les démêlés d'Antoine Arnauld avec l'Université de Paris sont trop connus pour n'en rien dire. On sait que ses écrits furent censurés et même son exclusion prononcée *. Les circonstances parurent se prêter, dès i656, à une sorte de pacification. Pour que ce dessein put réussir, il était nécessaire que l'assemblée du clergé n'aggravât pas la situation d'Arnauld en faisant siennes les opinions dudit Arnauld.

Au Père Fronteau, chanoine régulier de Sainte-Geneviève, revient le mérite d'avoir conçu, peu après les censures de la Sorbonne, un projet d'accommodement en faveur d'Antoine; il s'en ouvrit même au confesseur de la

I. Voir l'excellent récit de [Larrière], Vie d'Arnauld, X. l, p. 97 et suiv.

reine'. Gomme iVrnauld était contraint de rester caché, il ne pouvait songer à aller se défendre lui-même devant le clergé de France. Aussi le Génovéfain eut-il Fidée d'y prendre parole à sa place, et il fit part de son dessein à Vialart; mais il était nécessaire qu'il eût « quelque couleur » d'agir ainsi : réelle difficulté, mais, selon lui, de solution simple. En effet, « M. d'Angers pourroit, dit-il, escrire à l'assemblée sur la nouvelle qu'il auroit eue qu'on voudroit examiner la seconde lettre de M. Arnauld son frère 2, en les suppliant de ne vouloir point agir sans connoissance de cause », et, comme son frère avait été obligé de se retirer, « qu'il avoit jette les yeux sur un de ses diocésains, qui est le P. Fronteau^ ». Antoine Arnauld agréa ce projet; sachant par la mère Angélique que l'évêque se préoccupait beaucoup de ses intérêts, il écrivit à Henry le 23 mars i656^ pour le prier de déléguer le P. Fronteau à l'assemblée du clergé. Personne ne pouvait trouver à redire à ce que l'évêque d'Angers donnât pareils pouvoirs à ce savant chanoine de Toussaints dans sa ville épiscopale, bénéficier dans le diocèse, et avec lequel il entretenait les meilleurs rapports'*. En outre, la congrégation n'était pas encore, nous dit Hermant, « atteinte de jésuitisme*^ ». Ajoutons que l'opinion exprimée par Fronteau pouvait être de grand poids, puisqu'il avait été chancelier de l'Université de Paris et qu'en particulier le général de Sainte-

I. Beaubrun, Mémoires, ms. fr. iSSg.S fol- 3io ro. 2.11 s'agit de la Seconde lettre à un duc et pair.

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