Livre XXI, ch. xi
ET LE JANSÉNISME. SSy
Geneviève se préoccupait de ses avis presque avec servilité'. En même temps, Antoine Arnauld engageait son frère à écrire une adresse à'Tassemblée du clergé ; « comme vous êtes aimé de la plupart des évêques, lui dit-il, peutêtre que votre lettre les pourroit toucher ».
Henry Arnauld acquiesça avec allégresse à sa demande quand, tout à coup, Antoine lui fit savoir^, par un de ces revirements subits dont il était coutumier, qu'il s'était trompé sur la personne et la doctrine du Génovéfain, se demandant même comment il avait pu songera confier sa défense « à cet homme-là »; il n'a plus d'autre service à demander à l'évêque que le secours de ses prières^. Henry Arnauld cessa ses démarches et réserva sa bonne volonté pour une autre occasion, qui ne tarda pas à se présenter.
Peu d'années, en effet, s'étaient écoulées lorsque Henry Arnauld se mit à l'œuvre pour s'efforcer de dissiper toute cause de mauvaise entente entre son frère et le saint-siège et par là d'apaiser ces querelles qui, nous l'avons vu dans les lettres de La Rivière, chagrinaient tant notre évêque.
La cour de Rome regardait d'ailleurs sans répugnance une possibilité de rapprochement. La négociation commença par une lettre latine que Grevœus écrivit de Rome à Henry Arnauld en réponse à des plaintes que celui-ci lui avait adressées sur ce qu'un prêtre le desservait auprès du pape^. Gomme, en passant, Grevœus fait entendre à
1. Voir en particulier, à propos de la signature du Formulaire, les Journaux de Des Lions, ms. fr. 24998, p. 122.