Hermant, l. XXVI, ch. x, lettre du 6 septembre
pure et simple du Formulaire, la mère Angélique de Saint-Jean ouvrit son cœur à un ami dans une lettre du 5 novembre 1661'; Henry Arnauld y est traité de façon très confiante et affectueuse. Il sera toujours pour Port- Royal « un pasteur visible, dont la fermeté et le courage se fortifieront par le triste exemple de la chute des autres, et qui les animera à chercher... le royaume de Dieu dans les persécutions du monde ». Dans une lettre de la même, datée du i3 novembre^, on voit combien Henry s'inquiétait de la situation des religieuses. « Faites donc au nom de Dieu, écrit-elle à un anonyme, que goS^ se mette l'esprit en repos et se console de tout ce qui arrivera à des personnes qui, par la grâce de Dieu, ayant mis tous leurs thrésors dans le ciel, ne sçauroient rien perdre sur terre que ce à quoi elles ont déjà renoncé... Je loue Dieu de tout mon cœur des sentiments de goS. Celui qui les lui a donnés et qui l'a conduit jusqu'à cette heure le délivrera, comme j'espère, de tous les périls et surtout de celui de perdre sur la fin sa couronne. » La crainte était au moins superflue, car, depuis lors, l'évêque d'Angers se tint sans défaillance dans la voie de la « vérité ».
Le 9 novembre 1661, la mère Agnès écrivait^ : « La vigne de Dieu va être maintenant vendangée et foulée. » En eftet, les événements allaient se précipiter, surtout après la signification (19 novembre) du second mandement des grands vicaires. Après avoir longtemps médité et vaincu bien des répugnances, les sœurs de Paris et des Champs se décidèrent à faire une nouvelle signature avec
1. Cette lettre se trouve p. 5i-52 de V Histoire des persécutions des religieuses de Port-Royal (Villefranche, lySB, in-40).