‹ Henry ArnauldChapitre 23 sur 267 · Ibid., p · texte numérisé non relu

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de Bourlémont et mit en avant, le 2 avril 1640, le nom de Paolo Fieschi, alors chargé d'affaires de la république de Gênes à Paris. Le roi n'y répugnait pas; il était personnellement bien disposé pour Fieschi qui avait négocié l'accommodement de la cour de France avec Rome à la suite du meurtre de l'écuyer de M. d'Estrées, et, quoique Richelieu qualifiât de « légèreté » cet abandon par le roi de l'abbé de Saint-Nicolas, l'accord se fit dans le courant de septembre 1640 sur le nom du Génoise Peut-être fut-il spécifié, comme le conseillait Fieschi lui-même, qu'on gratifierait bientôt Henry Arnauld d'un autre évêché. Toujours est-il que Louis XIII tint à traiter favorablement l'évêque sacrifié : il lui abandonna les revenus de l'évêché, qu'il percevait depuis son élection, jusqu'au mois de septembre 1641 -, non sans quelque protestation de Fieschi. C'était un cadeau de cent vingt mille livres environ, et Henry dut le trouver très agréable, car sa situation de fortune n'était pas bien nette. Il resta donc simple doyen du chapitre de Toul et conserva cette charge jusqu'au 10 mai 1649 3, date à laquelle il donna sa démission.

Il supporta d'ailleurs ce déboire, — si c'en fut un pour lui, — avec cette ataraxie chrétienne que Chapelain place au rang des plus hautes vertus. Dans ses lettres à Baril- Ion, il s'estime « très heureux d'estre deschargé de ce fardeau » et de se voir « hors d'un embarras qui m'occupe l'esprit il y a plus de trois ans et trois mois ». Il n'accepta

1. « On continue à dire, écrivait Henry Arnauld à Barillon, que le pape et le roy s'accordent pour faire avoir l'évesché de Toul au seigneur Paul Fiesque » (ms. fr. 2o633, fol. 74 vo).

2. Affaires étrangères, France 1481, fol. 334. Ce don était fait, disait le brevet, parce que « ledit sieur Arnauld a disposé saintement et religieusement desdits fruits et qu'ainsy il ne seroit nullement juste de luy en demander compte. »

3. Archives départejnentales de Meurthe-et-Moselle, G 104, p. 255.

pas même la compensation honorable que le roi pensait a lui donner en le nommant « visiteur général en Catalogne »; il déclina l'offre qui lui en fut faite ^, et ce fut M. de Marca qui fut choisi à sa place.

D'ailleurs, ses goûts personnels lui firent peu regretter cette sorte d'exil dans un pays frontière, dévasté par les guerres, auquel l'aurait condamné sa nomination à l'évêché de Toul. Après cette aventure sans lendemain, il redevint à Pomponne l'hôte de son frère. Mais cette situation ne pouvait guère durer. L'humeur d'Andill}^, veuf, maintenu dans une perpétuelle disgrâce, s'aigrissait de jour en jour. Il allait même jusqu'à maltraiter ses fils, et Henry était parfois obligé de s'entremettre. Enfin, dans le courant de 1644, Arnauld d'Andilly prit le chemin du cloître de Port-Royal, où il ne devait finir ses jours que trente ans plus tard.

Henry n'était pas disposé à pareille pénitence; son rôle ne lui semblait pas fini dans les affaires de ce monde. Il ne pouvait rester à Pomponne, que son frère avait quitté ; il prit le parti d'aller pour quelque temps habiter son prieuré de Saint-Nicolas d'Angers. L'Anjou ne lui était pas indifférent; il y avait des relations agréables, et puis c'était un observatoire commode pour juger des variations de la politique. Pendant son séjour, qui ne fut pas de bien longue durée, deux coups le frappèrent, dont il ressentit vivement les atteintes. L'un l'atteignit dans son ambition : ce fut la mort de son ancien patron le cardinal Bentivoglio, arrivée à Rome le 7 septembre 1644, en plein conclave, alors que le cardinal était sur le point d'être élu comme successeur d'Urbain VIII. L'autre fut plus sensible pour son cœur : son grand ami Jean-Jacques Barillon, à peine mis en liberté par la mort de Louis XIII, se lança dans la

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