Lettres de Chapelain, t. I, p
même question un instant qu'il envoyât pour cela en France en mission extraordinaire le cardinal Bichi, tout J comprotecteur des affaires de France qu'il fût à Rome. A m Paris, on faisait montre à cet égard d'une indifférence qui indignait Chapelain : « Vos gens ne la dévoient point entreprendre, écrivait-il, s'ils estoient assez foibles pour en souffrir le démenty^ » En avril, on apprit qu'un certain abbé de Lenoncourt postulait aussi la nomination à l'évêché vacant.
L'année i638 s'écoula toute entière sans que la situation changeât. Les amis de Henry Arnauld déploraient sa modestie exagérée et son extraordinaire indifférence pour le succès; il perdait la partie « à faute de se remuer ». Leurs objurgations n'altéraient pas sa parfaite tranquillité. Il n'avait eu ni crainte ni espérance au moment où il lui était permis d'éprouver l'un ou l'autre de ces sentiments, et, n'ayant pas l'ambition d'être « monseigneurisé », il acceptait sans peine de rester « Monsieur l'abbé » comme devant^.
La mort du P. Joseph, qui, à l'origine, avait cependant protégé la candidature du doyen, mais qui s'était depuis rallié à celle de Bourlémont, faillit rendre à Henry Arnauld quelques chances de succès. Mais ce ne fut qu'une apparence : le nonce Bolognetti, désireux de trouver une solution dans cette affaire exiibrouillée, suggéra au cardinal secrétaire d'État, le i*"" août 1689, de proposer pour l'évêché de Toul la nomination du docteur Hallier, grand ami du cardinal de Richelieu. Cette suggestion n'eut aucun succès à Rome, et le secrétaire d'Etat reprit au contraire ses instances pour Bourlémont; il se heurta de nouveau au refus absolu du gouvernement royal.
De guerre lasse, le secrétaire d'Etat abandonna l'abbé