Ibid., t. II, p
Péréfixe ne répondit à Henry Arnauld que le 5 novembre 1664^ Sa lettre est une longue apologie de la signature pure et simple en même temps que le procès de « l'hérésie »; il blâme « l'obstination et la désobéissance » des religieuses, leur « liaison opiniâtre » pour ne pas obéir à leur supérieur.
L'archevêque fut fort satisfait de sa prose; il menaça du poing et prit même par le corps le théologal de Saint- Brieuc, qui se permettait d'y faire des critiques en l'appelant « fol » et « malicieux^ ».
Henry Arnauld répliqua, en 49 pages in-4^^, le 7 janvier i665. Les arguments, maintes fois repris en faveur de la signature avec distinction, y sont exposés à loisir; la fin est sur un ton assez pathétique : « Nous voilà tous deux arrivés à un âge assez avancé pour ne plus guère tarder à paroître devant le tribunal redoutable du pasteur des âmes pour lui rendre compte de celles qu'il nous a confiées et particulièrement de ses vierges, qui sont ses plus chères épouses... » Alors, ajoute-t-il, on verra « ce que nous avons à attendre de celui qui a promis d'élever ceux qui seront humiliés, de pardonner à ceux qui auront pardonné et de traiter sans miséricorde ceux qui n'auront point fait de miséricorde ».
Cette lettre fut considérée parle parti janséniste comme une sorte de manifeste, très admirée et citée sans cesse à cette époque^.
1. Sa lettre est publiée dans les Œuvres d'Arnauld, t. XXI II,