‹ Henry ArnauldChapitre 232 sur 267 · Ibid., fol. 37 vo, original, 3 août · texte numérisé non relu

Ibid., fol. 37 vo, original, 3 août

seur de Péréfixe, « cherche une porte pour sortir d'affaire ». L'erreur était grande, car l'état des religieuses resta sensiblement pareil jusqu'à la fin de 1668. Les symptômes de la paix de l'Eglise étaient de bon augure : Henry Arnauld écrit à Lionne pour l'intéresser au sort du monastère 1.

On sait qu'en février 1669 les sacrements furent rendus aux religieuses. Elles ne tardèrent pas à en faire part à l'évêque d'Angers par une lettre collective, et celui-ci s'empressa de leur témoigner sa joie par la lettre suivante dont l'original est heureusement parvenu entre nos mains :

A Angers, ce 16 mars 1669.

Je puis dire auec vérité, mes très chères filles, qu'il y a longtemps que je nay receu une plus grande joye que celle que ma donnée la lettre que vous auez toutes signée. Car, comme je vous porte toutes dans mon cœur et quil ny a que Dieu qui scache jusques à quel point je m'intéresse en tout ce qui vous regarde, ce m'est une consolation bien sensible de voir que vous correspondiez aux sentimens de tendresse que jay pour vous par tant de marques que vous me donnez de la vosire pour moy. Il est vray que Dieu ma donné une foy si viue pour la fin de vostre persécution et vostre entier rétablissement, que rien n'a esté capable de men faire auoir le moindre doute du monde, et il semble que nous soyons sur le point de voir nos espérances pleinement accomplies et que nous serons plus que jamais obligez de dire Remercions Dieu et nous humilions. Ce que je vous demande, mes très chères filles, est de vous souuenir toujours de moy deuant N. -Seigneur, de luy offrir tous mes besoins, qui sont extresmes, et de me croire autant que je le suis vostre très humble et très affectionné seruiteur.

Henry, E. dAngers.

I. « Je vous demande s'il vous plaist continuation de l'honneur de vostre protection pour nos pauvres filles, pour lesquelles je vois que Monseigneur leur prélat a toujours la mesme dureté ; mais nous espérons que le Roy leur rendra justice... » (lettre autographe de Henry Arnauld à Lionne, Angers, i3 novembre 1668: France 14S3, fol. 3<)C v").

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ET LE JANSÉNISME. SSq

Cette grâce était compensée par la séparation définitive du monastère de Paris de celui des Champs; les Champs devinrent tout Port-Royal. Alors s'ouvre une période de calme qui dura environ dix ans^ La joie que les religieuses en ressentirent se serait encore accrue si l'évêque d'Angers avait accepté de les venir visiter; la mère Angélique de Saint-Jean se fit à plusieurs reprises le porte-parole des désirs de la communauté ; mais l'évêque ne consentit jamais à relâcher les chaînejs qui l'attachaient à son diocèse''.

Etant en union intime et constante avec les religieuses de Port-Royal, Henry Arnauld ne pouvait manquer de se trouver en rapports avec leurs amies fidèles, la duchesse de Longueville et M"^ de Vertus.

Depuis qu'Antoine Arnauld était devenu, suivant la malicieuse expression de Brienne le fils, « l'amant spirituel » de la duchesse^, l'évêque fut associé à cette faveur^. Nous avons vu M"^*^ de Longueville lui écrire en i665 sur un ton très affectueux et admiratif^. La lettre qu'elle lui écrivit six ans après au sujet des La Trémoïlle ne laisse pas une impression différente 6.

1. La persécution ne recommença que sous l'abbatiat d'Angélique de Saint-Jean en 1679. Grâce à Innocent XI, elle fut de courte durée, et la cour ne put obtenir de Rome l'union de Port-Royaldes-Champs avec le monastère de Paris. Voyez la lettre de Henry Arnauld au pape : arch. Vaticanes, Particolari, vol. 69.

2. « ... Vous demeurez d'accord qu'il faut tout quitter pour s'attacher à sa femme, que je n'ay point encore abbandonnée, et j'ay avec cella trois à quatre cent mille enfans... » (lettre autographe non datée de Henry Arnauld à Angélique de Saint-Jean, ms. fr. 19734, fol. 46 vo).

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