‹ Henry ArnauldChapitre 243 sur 267 · I. Ci-dessus, p · texte numérisé non relu

I. Ci-dessus, p

PIÈCES JUSTIFICATIVES. SyS

vicaires de Paris, si Sa Sainteté ne répondoit à leurs lettres et ne leur ordonnoit la même chose qu'aux dits grands vicaires. S. M. m'ordonna ensuite de reparler à M. le Nonce; ce que je n'ai pu encore faire, parce qu'il n'est point ici, depuis que cela m'a été commandé.

Je suis persuadé qu'en tout ce que vous faites, vous n'avez autre motif que la décharge de votre conscience. Il n'est pas besoin de raisonner bien avant pour le voir clair comme le jour; car les intérêts humains dont vous parlez se trouvent plutôt à suivre le parti que vous n'embrassez point. Comme les matières dont il est question sont bien au-dessus de la portée de mon esprit et de mon intelligence, je ne puis pas bien satisfaire au désir que vous témoignez qu'après avoir lu attentivement votre lettre, je vous dise ingénuement mon sentiment particulier. Je vous dirai néanmoins, puisque vous l'ordonnez, qu'il me semble que vos raisons ont plus de subtilité que de force, et que, connoissant comme vous faites la véritable intention du Pape par l'ordre qu'il a donné aux vicaires, votre propre conscience, qui est ce qui vous fait peine, seroit beaucoup plus en sûreté de vous y accommoder comme les autres; qu'elle ne le peut être par le chemin que vous prenez; car enfin il est plus à présumer que vous vous puissiez tromper que le Pape, et vous devez vous-même avoir ce sentiment intérieur; or vous ne pouvez douter de la véritable intention du Pape. Je sais que vous répondrez que vous n'êtes pas obligé de croire ce qu'il croit, s'il ne l'a décidé comme un article de foi; mais. Monsieur, passons plus avant, examinez-vous. Quand le Pape aura déclaré à votre égard, comme il l'a fait aux grands vicaires, y souscrirez-vous comme à une chose que vous croyez véritablement, ou seulement par une simple déférence aux ordres de l'Eglise, sans en être intérieurement persuadé? Et en ce dernier cas ne trouvez-vous point qu'il fût bien dangereux de conserver dans l'âme d'autres sentimens que ceux de l'Eglise? Je suis arrivé au bout de mon papier d'un trait de plume. Je me suis embarqué bien plus avant que je ne pensois; je vous en demande pardon, et ne doute pas de l'obtenir, puisque c'est votre ordre qui m'a jeté dans cette faute. Je vous conjure seulement que ma lettre ne devienne point la matière de quelque réponse publique.

(G. Hermant, Mémoires^ 1. XXIX, ch. vni.)

Réponse de Henry Arnauld à la lettre de Hugues de Lionne

du 5 août 1662 '.

A Angers, ce i3 août 1662.

Je vous rends un million de grâces de toutes vos bontés. Je ne puis assez remercier Dieu de celle que S. M. a fait paroîtrc à la lecture de ma lettre, et ce que vous me mandez qu'il a dit a été une marque de son jugement et de son équité. Je ne le croirai jamais que je l'aie vu que le Pape approuve le Formulaire, ayant plus d'intérêt que personne que l'assemblée du clergé ne prenne pas l'autorité qu'elle s'est voulu donner en cette rencontre, et je vous dis encore qu'à moins qu'on ne renverse toutes ses maximes, cela ne sera point. Il est vrai que les Jésuites y sont si puissants, aussi bien qu'en notre cour, qu'il n'y a rien qu'ils ne s'en puissent promettre. Pour ce qui est de la question que vous me faites, je crois y répondre suffisamment en vous disant que je ne croirai jamais que vous soyez du sentiment de ceux qui ont osé soutenir que le Pape dans les faits a la même infaillibilité que J.-C. J'aurois bien d'autres choses à vous dire sur cette matière, si j'en avois le temps, et ce sera peut-être pour une autre fois. Mais vous pouvez vous assurer que personne n'en aura connoissance.

(G. Hermant, Mémoires, 1. XXIX, ch. viii.)

Lettre du nonce Piccolomini à Henry Arnauld^.

19 août 1662.

Le Roi me fait l'honneur de me dire que Votre Seigneurie Illustrissime et quelques autres évêques ont différé de souscrire les deux constitutions apostoliques, sous prétexte d'attendre réponse du Pape aux lettres que vous lui avez écrites sur ce sujet. Ce qu'ayant fait savoir à Sa Sainteté, elle m'a commandé qu'après avoir rendu de très grands remerciements à S. M. du royal zèle avec lequel elle embrasse avec tant

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