‹ Henry ArnauldChapitre 30 sur 267 · C-'^OnivûrsLs · texte numérisé non relu

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lOO LA VIE DE HENRY ARNAULD.

cesse consentit à plaider pour les séditieux auprès du maréchal qu'elle pouvait croire disposé à lui être agréable * . Les instances de la célèbre pénitente d'Arnauld d'Andilly le laissèrent aussi intraitable que celles de l'évêque. Henry Arnauld, inlassable, le poursuivit jusqu'à La Flèche 2. Après avoir attendu une audience pendant huit heures entières, il se mesura à nouveau avec cet homme « dont l'éloquence rouillée se sentoit du long séjour qu'elle a fait au village 3 ».

Ce dernier assaut emporta la place : Brézé promit de diminuer le nombre des soldats qui devaient occuper la ville rebelle. Aussitôt, Arnauld courut apporter la bonne nouvelle. Le 20 avril au matin, il chevaucha à travers les rues d'Angers pour exhorter le peuple au calme, puis « avec grande cavalerie d'habitants » il alla au-devant de Brézé et fit à ses côtés une entrée solennelle dans la ville paisible et joyeuse^. Elle ne fut soumise à aucune représaille et les troupes restèrent strictement disciplinées.

Le miraculeux renversement des projets du maréchal était, à n'en pas douter, l'œuvre de l'évêque. Seul, il sut détourner l'orage qui menaçait ses ouailles^. Toute la province avait contemplé passionnément la poursuite obsédante et acharnée de Saumur à Angers, d'Angers au Ver-

1. D'abord, parce qu' a elle haïssoit la Fronde » (Retz, Mémoires, t. II, p. 347); ensuite, parce que, dix ans auparavant, Brézé, « pourtant fort extravagant », avait eu l'honnêteté de lui rendre une correspondance très compromettante (Retz, Ibid., t. I, p. io5).

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