Navailles, Mémoires^ éd. Moreau, p
5. « Il se trouva à la cour, sans y penser, mais avec quelque honte d'y être, et je luy ai ouï dire bien des fois qu'entendant un jour des soldats qui disoient, en le voyant passer avec quelques autres évêques de cour : « Ne verrons-nous jamais ici que des « évêques? » Il se sentit piqué de ce reproche comme si cela l'avoit regardé » (abbé Arnauld, Mémoires, t. III, p. 22).
6. Arthaud fait un récit détaillé de cette délégation (p. i3 et suiv.).
l3o LA VIE DE HENRY ARNAULD.
Oratoriens des Ardilliers où il résidait depuis le début du siège*. Son accueil fut glacial. Les souvenirs amers des affronts dont ils l'avaient accablé, de son dernier mandement qu'ils avaient brûlé, se pressaient dans sa mémoire. Le chroniqueur Arthaud présidait la délégation comme archidiacre. L'évêque refusa d'abord de la présenter au roi et à la reine : les prières des députés eurent raison de sa décision; mais il les accompagna en silence chez les souverains et les ministres. Il obligea Arthaud à prendre la parole sept fois de suite et, muet, il écouta les discours humbles que l'archidiacre d'outre-Loire dut mettre aux pieds mêmes du cardinal Mazarin^.
Le 6 mars, Heniy Arnauld quitta Saumur^, — où il était resté un mois, — pour retourner à Angers. Au mépris de la parole donnée, les soldats victorieux pillaient et saccageaient la cité vaincue. Les faubourgs que l'évêque traversa étaient cruellement dévastés. Autour de lui, il pouvait voir les ruines d'abbayes et de prieurés tels que le Perray-aux-Nonnains, l'Evière, Sainte-Catherine des Lices^ et les murs saccagés de sa propre maison de campagne d'Éventard^. Plaisant contraste, il trouvera à l'évêché son fringant neveu l'abbé Arnauld, qui avait encore la tête pleine des aimables et galantes conversations qu'il avait trouvées à Sautré durant tout le siège ^.
1. Nous aurons de fréquentes occasions de citer cette célèbre maison et d'insister sur les rapports affectueux que Henry Arnauld entretint sa vie entière avec les Oratoriens.