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LA VIE DE HENRY ARNAULD. l35

corps judiciaire et l'échevinage qui en était tiré. La lutte se rouvrait sur ce même terrain que nous avons essayé de figurer au début de ce chapitre. D'un côté, l'évêque avec l'aristocratie judiciaire; de l'autre, le peuple, le clergé, les robins. Les Lanier, en particulier, étaient en butte aux mêmes coups que l'évêque. Guy Arthaud, toujours armé pour la bataille, s'opposa vigoureusement à René Lanier, trésorier de la cathédrale, dans l'affaire de la cure de Rochefort-sur-Loire et à Guy Lanier dans celle de l'examen des curés par les archidiacres ^ Le peuple accusait Arnauld de manœuvres déshonnêtes pour procurera « MM. les Lanier » et à Eveillard, président de la prévôté, un gain frauduleux 2.

Ces agitations continuelles et l'impossibilité de percevoir les « deniers royaux » décidèrent Mazarin, sur les instances du marquis de Sainte-Suzanne, à imposer à la ville récalcitrante une occupation militaire^. La Meilleraye fit son entrée, à la tête de ses troupes, le 3 août^. Le même jour, le bruit courut qu'une liste de proscription de quarante-cinq noms avait été dressée^. Elle fut publiée le lendemain; le clergé n'était pas épargné. Sept ecclésiastiques recevaient un ordre d'exil : quatre chanoines de la

î. Arthaud s'étend avec complaisance sur ces deux affaires peu intéressantes (p. 21).

2. Dans une affaire concernant l'extinction des dettes de la ville d'Angers (Arthaud, p. 19).

3. D'Elbenne publie des documents qui montrent la bassesse et la cruauté de Fouquet de la Varenne, marquis de Sainte-Suzanne. « Les ruines qu'ont faictes les gens de guerre, écrit-il d'Angers à Mazarin, ont mis le peuple tellement dans la révolte qu'on ne peut plus les gouverner que par la forse... Gomme V. É. ne nous a point donné d'ordre de punir, nous n'avons que la voie de la remontrance et de la prière, avec laquelle je puis asseurer V. É. que tout se perdra. » En même temps, Fouquet se prosterne devant le ministre {op. cit., p. 67-69, et arch. Aff. étr., France 1482, fol. 59).

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