Cette liste est donnée par Jousselin, p
l36 LA VIE DE HENRY ARNAULD.
cathédrale, dont l'archidiacre Martineau', l'annaliste Jousselin, curé de Sainte-Croix, et deux autres prêtres^. Le chapitre cathédral accusa ouvertement l'évêque d'avoir joué le rôle de délateur, d'avoir profité de l'impéritie de Fourilles pour assouvir ses vengeances personnelles et frapper des innocents dont le tort unique était de « parler généreusement pour les droits du chapitre contre les entreprises du sieur évesque ». L'écho complaisant de cette feinte indignation se répercute dans le journal d'Arthaud^. L'archidiacre d'outre-Loire aurait été en droit de déplorer le mensonge de l'amnistie royale; mais il use à son tour de supercherie en semblant croire à l'ingénuité candide du clergé angevin pendant la Fronde. Le gouverneur usa de grands ménagements à l'égard des quatre chanoines exilés. Après leur avoir ordonné de partir dans les six jours pour Quimper-Corentin, il fut touché de leurs supplications et admit qu'ils restassent à Nantes^.
Pendant ce temps, peut-être par prudence, Arnauld était allé à Château-Gontier. Le curé Jousselin, qui comptait gagner Quimper à très petites étapes, vint l'y trouver^. « Au moins, lui dit-il en montrant la liste des proscrits, je suis en compagnie de gens d'honneur. » Se laissant emporter au premier abord par son caractère ardent, bientôt calmé par sa bonté native, l'évêque répliqua verte-
1. La famille Martineau était une des rares de la haute bourgeoisie angevine qui avait donné dans la Fronde.