XII AVANT-PROPOS
d'ufje époque^ mais n'était pas seulement un collecteur de documents; il avait une psychologie d'historien, une belle culture d'esprit. Tels ces fragments parurent à de bons juges. Les lacunes étaient graves; à n'en pas douter : certains chapitres faisaient entièrement défaut; d'autres manquaient de leurs notes et de leur documentation, comme une statue manquerait de sa base. Il parut cependant que ce qui restait debout était bon. — Ces fragments, d'ailleurs, avaient entre eux une certaine suite logique. Ils appartenaient tous à la première partie de la vie d'Henry Arnauld. Ils nous conduisaient jusqu'au milieu de sa vie, après les incidents pittoresques de la Fronde angevine, et jusqu'à sa prise de possession de Vévéché d'Angers.
On résolut donc de publier ces fragments.
Si l'auteur, cette partie-là achevée, eût entrepris de poursuivre, il se serait trouvé nécessairement sur le terrain de sa thèse, Henry Arnauld et le jansénisme. Car c'est à partir de son élévation à l'épiscopat que le frère d'Antoine Arnauld est amené à se mêler directement et pe?'Sonnellement des controverses de Port-Royal.
Ce qui nous reste de V œuvre de Claude Cochin sur Henry Arnauld se partage donc naturellement en deux parties qui se suivent chronologiquement, mais dont la seconde a été rédigée longtemps avant la première et en diffère par le caractère, l'intention, le style même. On hésita d'abord à les publier simultanément, et Von songea à en faire deux ouvrages distincts, dont l'un comprendrait les fragments de la Vie d'Henry Arnauld^ et Vautre la thèse sur le jansénisme. Il sembla à la réflexion que cette dualité aurait des inconvénients dans l'intérêt des lecteurs studieux. En effet, malgré leur disparité de conception et déforme, les deux récits se complètent l'un l'autre. Et cette disparité même, qui assurément eut mal satisfait l'au-
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teur^ n'empêche pas d'apercevoir^ entre l'œuvre de sa jeunesse et celle où s'affirme sa belle maturité^ bien des qualités cornmunes.
Est-il douteux d'ailleurs que sa principale pensée était l'utilité de l'histoire? C'est cette utilité que Von considéra^ quand on se résolut à réunir en un seul livre les deux parties qui nous restaient. Tout ne sera pas perdu. Nul doute que le volume que voici ne soit bien accueilli par les historiens. Tandis mém,e qu'on en préparait l'édition^ il a été plus d'une fois réclamé avec insistance par plusieurs de ceux qui s'intéressent à l'histoire du jansénisme, des Arnauld^ de l'Anjou et du XVI I^ siècle.
Celui qui avait entrepris ce grand travail n'avait certainement pas pu le mener., jusquau point même où il l'a laissé^ sans contracter une dette de reconnaissance envers tous ceux dont l'obligeante érudition l'avait aidé dans ses recherches., bibliothécaires^ archivistes^ érudits^ à Rome, à Paris, à Angers, en bien d'autres lieux encore. On ne peut pas se substituer à lui pour adresser à tous^ comme il aurait su le faire., des messages de gratitude. Ils se figureront aisément qu'ils les ont reçus de lui, car beaucoup d'entre eux ne l'ont pas oublié.
Mais il n'est pas possible cependant que ce livre paraisse sans que soit remercié l'ami qui en a^ seul., rendu la publication possible. — Reprendre un à un les fragments souvent sous la forme de brouillons plus ou moins inform,es., les lire., les juger, les contrôler, et, sans jamais les corriger ni en changer en rien le caractère, les classer, les coordonner, combler les lacunes, quand il le fallait, par des résumés de faits brefs et lucides; — vérifier les références, rectifier au besoin une inexactitude, comme l'auteur l'eût fait lui-même, achever enfin l'instrument de travail par la compilation précise d'une table analytique; — tel est le travail ingrat et indispensable