‹ Henry ArnauldChapitre 61 sur 267 · Rapin, Mémoires, t. I, p · texte numérisé non relu

Rapin, Mémoires, t. I, p

pape y était supplié de réprouver la « doctrine de Tévêque d'Ypres » réduite en cinq propositions ^

Les quatre-vingt-dix signatures recueillies par Tauteur furent obtenues individuellement, et non, à la grande indignation des opposants, par un vote de rassemblée'-^; aussi les évêques du parti adverse, usant d'une manœuvre analogue, se décidèrent à écrire une lettre parallèle au pape^. Cette lettre n'est pas absolument destinée à éluder un jugement pontifical, devenu inévitable, puisque, dès le 12 avril i65i, une congrégation avait été établie pour examiner les cinq propositions, mais le but en est de défendre Jansénius en même temps que d'éviter la violatioif des formes. Les cinq propositions, disent les onze évêques signataires de cette lettre, ont été « faites à plaisir et composées en des termes ambigus »; de plus, le jugement de l'église gallicane semble avoir été méprisé, puisque la doctrine de Jansénius n'a pas été soumise aux délibérations de ses délégués avant d'être appréciée à Rome. La principale crainte des signataires était surtout que l'affaire fût jugée à huis clos, sans que connaissance soit prise des arguments de Tune et l'autre partie; une information attentive est nécessaire; car, sans cela, disent-ils, « ceux qui seroient condamnez se plaindroient avec justice de l'avoir esté par les calomnies et les artifices de leurs adversaires ».

Henry Arnauld, sacré évêque d'Angers depuis un peu moins d'un an^, signa cette lettre; c'est le premier événe-

1. Rapin, Mémoires, t. I, p. 170; Journal de Saint-Amour^ p. 54 et suiv.

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