‹ Henry ArnauldChapitre 80 sur 267 · Le 24 juillet [Ibid · texte numérisé non relu

Le 24 juillet [Ibid

il bat tout à fait en retraite, et ce sont des raisons d'écolier grondé qu'il oppose à l'altière amie de M"*^ de Longueville. Sa précédente lettre était, dit-il, inspirée de faux rapports; il n'avait pas lu celle de Henr}^ Arnauld! Il craignait tant qu'elle n'affirmât l'inexistence du jansénisme; or, c'est là, dit-il, un moyen de « soutenir la vérité ... qui choque fort ceux qu'on veut instruire ». Mais, ayant eu connaissance du texte de la lettre, il est maintenant « persuadé qu'elle ne pouvoit être meilleure ni plus digne de son auteur », et il croit « qu'elle fera un effet admirable si elle est soutenue par celle qu'on dit que M. d'Alet a écrite au roy ».

Et, en effet, un des principaux résultats que les jansénistes escomptaient de la démarche faite par Henry Arnauld auprès du roi était qu'elle amènerait d'autres membres de l'épiscopat, plus timides et moins ardents, à suivre son exemple, et en particulier qu'elle déciderait Pavillon à faire remettre au roi la lettre écrite par lui dès le 22 juin^; le prudent Féret, curé de Saint-Nicolas-du- Ghardonnet, l'avait interceptée, ne la trouvant pas opportune; son idée se fortifia encore quand il se rendit compte du très mauvais succès qu'eut la lettre de Henry Arnauld; il ne voulut pas exposer son saint ami à de pareilles avanies. Antoine Arnauld, qui voyait plus loin que ces considérations personnelles, est d'un avis tout différent, qui se fait jour dans sa lettre du 10 août 1661-. Il est fâché que la lettre de Pavillon, prélat de si haute autorité, n'ait pas été remise au roi : « La crainte, dit-il, que cette lettre ne fût aussi mal reçue que celle de M. d'Angers n'étoit pas une raison de l'arrêter; car cette prétendue mauvaise

1. Cette lettre ne fut imprimée (in-40, 2 p., s. 1. n. d.), c'est-à-dire connue, qu'en juin 1662 (Hermant, 1. XXIX, ch. m, et la Vie Je Pavillon^ t. II, p. 19 et suiv.).

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