‹ Henry ArnauldChapitre 81 sur 267 · Œuvres, t. 1, p · texte numérisé non relu

Œuvres, t. 1, p

réception ne fait pas que M. d'Angers ne soit très satisfait de l'avoir écrite, et je vous envoie un billet écrit de Fontainebleau, qui fera voir que, si cette lettre ne fait pas tout l'effet qui seroit à désirer. Dieu en demandera compte aux évêques qui ne l'auront pas appuyée comme ils dévoient. »

Antoine et Port-Royal s'agitaient en vain ; aucun évéque ne voulait suivre Henry Arnauld dans le dangereux chemin où il s'était aventuré. Pavillon fut arrêté; Ghoart luimême s'excusait dans une lettre du 29 juillet^ de ne pas écrire au roi, parce que l'intervention d'un prélat décrié à la cour ne ferait que nuire à ses amis. Quant à Vialart, il allait ordonner la signature du Formulaire^. Henry Arnauld était donc isolé et sa voix dut sembler d'autant plus téméraire qu'elle ne trouva pas d'écho sur-le-champ. Trois mois après, une seule protestation s'éleva à côté de la sienne et, nouvelle ironie de la fortune, c'était celle du « nain » de Julie, du petit évêque de Vence; Godeau écrivit au roi le i5 octobre 1661 une lettre^ très maladroite, où il s'autorisait de l'évêque d'Angers, et dans laquelle il combattait le Formulaire après l'avoir signé! Alors la mère Agnès avait raison de dire à son frère qu'il était leur « seul et unique évêque de la persécution^ ».

Comme Port-Royal ne pouvait se faire gloire que de la seule lettre de Henry Arnauld, celle-ci fut divulguée aussitôt. Imprimée sur-le-champ en plaquettes sans nom d'éditeur^, elle excita une polémique par voie de libelles.

Le sieur de Maraudé lança dans la lutte ses Réflexions

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