Ibidem
3. La question est en effet de savoir si la lettre GLXVI d'Antoine Arnauld (janvier 1664) est adressée à Henry Arnauld. L'éditeur dit que le nom du destinataire sur le texte (original ou copie? on ne le sait) « ctoit en chiffre », et il ajoute : « Mais on croit que c'est ce prélat. » Ce doute est une chose étrange; il est tellement constant que 905 est le chiffre désignant l'évêque d'Angers que l'éditeur traduit souvent ce chiffre sans le dire; nous avons souvent pu nous en rendre compte par la comparaison du texte ms. avec Tédition. Henry Arnauld serait-il en ce cas désigné par un autre chiffre? Nous ne pouvons apporter de renseignement certain, étant donné que nous n'avons pas rencontré de texte ms. de la lettre CL'XVI.
HENRY ARNAULD. igS
d*ailleurs, à y insérer une distinction, Antoine le dissuada d'adopter cette nouvelle ligne de conduite : « Quelque mandement que ce soit, écrit-il, est une mauvaise chose, quand même ce ne seroit qu'on autorise par là l'usage des signatures » ; quoi que l'on fasse, on « choqueroit plus Rome qu'un simple silence ». En tous cas, suivant les conseils de Pavillon^, Henry Arnauld ne publia pas le Formulaire.
S'appuyant sur les décisions de l'assemblée du clergé, Louis XIV tint un lit de justice, le 19 avril 1664, pour faire enregistrer une déclaration ordonnant de nouveau la signature, sous peine de privation de bénéfice dans le délai d'un mois. Les menaces se précisaient et le ton de Louis XIV se faisait plus irrité. Un homme d'une vertu aussi consommée et d'un renom aussi universel que l'évêque d'Alet pouvait seul élever la voix dans de telles circonstances ; il le fit sur les pressantes sollicitations d' Arnauld et à l'applaudissement de tout Port-Royal^. Ce fut, pour le docteur, l'occasion de lui écrire une admirable lettre; Henry joignit ses félicitations à celles de son frère ^
La constitution fameuse d'Alexandre VII, du i5 février i665, vint donner une éclatante approbation à la politique religieuse du roi. Pour la première fois, — il faut le répéter, — le saint-siège ordonnait la signature : alors les évêques qui la refuseraient pourraient être accusés à juste titre de désobéir formellement au pape^.
1. Fragment de lettre de Pavillon à Henry Arnauld, du 29 mars 1664, publiée dans la Vie de Pavillon, t. II, p. 88.
2. Lettre du 25 août 1664 au roi; on connaît le célèbre réquisitoire de Talon à son sujet {Procès-verbaux du clergé, t. IV, p. 989- 940). Cf. Vie de Pavillon, t. II, p. 92 et suiv.