‹ Henry ArnauldChapitre 93 sur 267 · Vie de Pavillon, t. II, p. io · texte numérisé non relu

Vie de Pavillon, t. II, p. io

4. La congrégation du jansénisme, dont cette constitution est l'œuvre, était alors composée des cardinaux Ginetti, Borromeo, Albizzi, Ghigi et Rasponi (cf. Gérin, Louis XIV et le saint-siège, t. Il, p. 33).

C'est, dans ces circonstances critiques, que Henry Arnauld consulta son frère pour savoir la conduite qu'il était préférable de tenir. Le docteur lui répondit une longue lettre dont nous n'avons malheureusement plus qu'un résumé qui en accentue encore la rudesse^ ; avec sa plume la plus acérée, Antoine expose à l'évêque tous les griefs qu'il avait accumulés contre lui; loin de les dissimuler, il les exagère avec une réelle grossièreté; par ce moyen, le docteur espère retenir pour jamais Henry dans la voie droite. Il jette un regard sévère sur toute la vie de son frère, depuis son séjour à Rome comme abbé de Saint- Nicolas, et y trouve des actes dignes de réprobation. Le futur évêque y aurait, en particulier, favorisé sans honte l'obtention de bénéfices ecclésiastiques par des gens sans morale : quelle est la raison de son exaltation à l'évêché d'Angers? La « récompense de services tout politiques ». Et, depuis ce temps, quel état doit-on faire des prétendues réformes qu'il a effectuées dans son diocèse? Pas de séminaire encore, des religieuses cupides, un clergé si faiblement dirigé qu'il a signé le Formulaire devant les juges séculiers dans une apostasie générale. Enfin, aux côtés mêmes de l'évêque, un neveu indigne, qui ne mérite à aucun degré son affection et scandalise les vrais chrétiens ^ Antoine Arnauld semble plein de confiance en son réquisitoire, qui poussera son frère aux « conseils les plus forts w. La déposition elle-même s'ensuivrait -elle si Henry adopte la ligne de conduite que lui impose Antoine, il n'y aurait nul dommage, car l'évêque d'Angers « doit souhaiter sérieusement de pouvoir se réduire à une vie retirée où il n'ait plus qu'à penser à lui et à se préparer à la mort ».

1. Œuvres, t. I, p. 524-52G. Nous n'avons plus cette lettre que sous la forme d'un résumé qu'Antoine en envoie à un ami.

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