Varet, t. I, p
2. L'expression est de Chapelain; lettre à Henry Arnauld du 6 mars 1666 [Correspondance, t. II, p. 443). On comprend peu les illusions de Henry Arnauld sur Clermont; celui-ci avait en effet refusé de signer la lettre des dix-neuf (Varet, t. I, p. 69).
3. Cf. Grandet, t. II, p. 144. Voir aussi dans les Journaux de Des Lions le très curieux récit de la longue conférence que ce dernier eut avec Clermont, le i3 août i665, dans la salle des Trois-Pots à Senlis. L'évêque de Noyon céda parce qu'on lui faisait espérer l'archevêché de Reims, aussi à cause de la pression personnelle que le roi fit sur lui (ms. fr. 24998, fol. 474).
4. Il fut alors répondu au mandement de Henry Arnauld par des Remarques sur le îuandement de Mgr Henry Arnauld, évêque d'Angers, touchant la signature du Formulaire de N. S. -P. le pape Alexandre VII contre la doctrine de Jansénius; cette brochure anonyme, de 20 p. in-40, s. 1. n. d., est d'une insigne rareté, mais d'un intérêt purement théologique; le ton en est très modéré; elle semble destinée au clergé angevin pour empêcher sa signature au bas du mandement d'Angers. Noter que Nicole s'appuie sur ce mandement, p. 12 de sa Dixième hérésie imaginaire.
ET LE JANSENISME. 201
n'était donc plus possible de s'adresser à lui pour les affaires diocésaines. Le Père Fabri fit dire qu'on n'en était pas encore là, que « cette interdiction de fonctions et la commission au chapitre pour administrer le diocèze n'estoit pas une affaire qui fust encore faite », mais qu'avec l'agrément du roi on y songerait sérieusement^.
Il n'y avait rien d'étonnant à ce qu'il fût question de déposer les quatre récalcitrants. Le docteur Arnauld, en face de cette crise, qui pouvait avoir la plus grande gravité, pensa à conclure un accommodement^. Comme on apprit que plusieurs prélats avaient permis, tacitement ou même oralement, à leur clergé une signature expliquée ou non, à leur gré^, on crut possible, moyennant certaines concessions mutuelles, d'obtenir de tous les évéques de France un mandement uniforme , dont le texte serait approuvé à Paris et à Rome. La Lane en prépara le texte dès octobre i665. Antoine Arnauld avait d'abord approuvé
1. Tous ces détails sont tirés d'une lettre du P. Fabri écrite à propos d'une « affaire de cloistre du diocèse d'Angers », le 16 mars 1666, imprimée dans le rarissime Qiiatrieme mémoire sur l'iniquité et les pernicieuses conséquences de la conduite que les Jésuites inspirent au pape pour tourmenter les évéques qui ont distingué le fait du droit, s. 1., in-40, i5 p., [daté, à la p. i3 : 8 avril 1666J, p. 2 et 3. On sait que le P. Fabri était l'agent des Jésuites français à Rome et jouissait de la plus grande autorité. Cf. Michaud, Louis XIV et Innocent XI, t. I, p. 458; t. IV, p. igS et suiv., et surtout l'excellent article du P. Sommervogel, Bibl. des écriv. de la Compagnie de Jésus, t. III, col. 5ii-52i.
2. Sur cet accommodement manqué, cf. [Larrière], Vie d'Arnauld, t. I, p. 320, et surtout la lettre d'Arnauld à Pavillon [Œuvres, t. I, p. 537 et suiv.).
3. Nous avons à ce sujet une affirmation expresse de Laval, évêque de La Rochelle, dans une lettre à sa mère (E. de Barthélémy, les Amis de la marquise de Sablé, p. 253). Les jansénistes comptèrent, sans invraisemblance, neuf ou dix autres évéques qui proposèrent ce choix. Cf. Réfutation du livre du P. Annat contenant des réflexions sur le mandement de Vévêque d'Alet, p. 22; la Dixième hérésie imaginaire, p. II et i3, etc.
ce projet assez peu sensé; mais il revint vite sur son avis ; bien des efforts de conciliation furent tentés, bien des espoirs leurrés. Avant même qu'en août 1666 toute négociation ait été rompue^, Henry Arnauld jugeait prudent de s'affermir contre les orages qu'il voyait menaçants et que son héroïsme de passage ne trouve cependant pas assez terribles encore^. Il ne laissait d'ailleurs pas troubler la parfaite sérénité de son âme : « Vous satisfaites à vos obligations, lui écrivait alors Chapelain'^ dans le milieu du trouble que vous yrecevés avec autant d'exactitude, de persévérance et de repos d'esprit que si la tempeste n'estoit pas assés émeue pour vous faire faire naufrage ; mais vous estes d'un sang et d'une piété à ne m'en faire pas tant estonner que si vous estiés un homme ordinaire... »
Dans tous ces débats, l'influence de Pavillon s'affirme de plus en plus prépondérante. Cet homme admirable, qui avouait humblement n'avoir « vocation que pour de pauvres gens de montagne^ », dirigeait avec une autorité indiscutée la conduite de plusieurs de ses confrères. Tout le premier, Henry Arnauld avait pour lui une vénération profonde; il la témoignait à ses sœur et nièces de Port- Royal, qui lui avaient fait part d'une lettre écrite alors par l'évêque d'Alet. « Nous devons tous remercier sans cesse le bon Dieu, répond notre évêque, de ce que, par un effet