‹ Henry ArnauldChapitre 97 sur 267 · mars 1666, Lettres de Chapelain, t. II, p · texte numérisé non relu

mars 1666, Lettres de Chapelain, t. II, p

4. Lettre autographe de Pavillon, 20 août 1654 : ms. fr. 17362, fol. 20.

ET LE JANSÉNISME. 2o3

admirable de sa Providence, il a mis ce saint prélat à la tête de ceux auxquels il a inspiré la résolution de se sacrifier pour la défense de la vérité »; ceux-ci sont, par son exemple, « incapables de faire la moindre lascheté^ ».

Il ne restait plus à la cour de France, comme à celle de Rome, que deux solutions extrêmes : ou bien se décider au procès des quatre évêques, avec toutes les terribles conséquences que comporterait une telle affaire, ou bien faire des ouvertures de paix. On s'apercevait bien dans tous les partis de l'extrême inanité de la dispute qui troublait si cruellement l'Eglise gallicane. La Lane écrivait, en juin 1666 : « Il y a maintenant assez de personnes qui comprennent qu'il n'y a rien de plus vain et de plus ridicule que le fond de cette dispute, qui a esté depuis dix ans l'objet de tant d'assemblées, de délibérations, d'arrests, de déclarations, de brefs et de bulles, de livres et de persécutions 2. )) Le parti adverse professait une opinion semblable; le nonce Roberti disait ouvertement-^ : « Qu'importe à S. S. que des évêques fassent leurs mandements en distinguant le droit du fait et n'exigent pour celui-ci qu'un silence respectueux? »

Il faut le reconnaître : c'est Louis XIV et son conseil de conscience qui s'etîorcèrent de dissiper cette atmosphère de conciliation qui commençait à se répandre de part et d'autre et voulurent pousser Rome à bout. Dès avril 1666, Pomponne apprenait à Stockholm que l'on allait juger son oncle, l'évêque d'Angers, par commissaires, et il s'en effrayait comme d'une chose décidée 4. En effet, Louis XIV

1. Lettre autographe de Henry Arnauld, 3 août 1666 : ms. fr. 19704, fol. 37.

2. Défense des propositions de la seconde colonne.,., s. 1., [1666], in-40, 96 p., p. 23.

3. Gérin, Louis XIV et le saint-siège, t. II, p. 22, d'après une dépêche de Lionne.

4. « Gomment ne me mandez-vous rien de ce qui regarde M. d'An-

le voulait, et il croyait n'avoir plus qu'à parler pour que le Quirinal s'empressât de le satisfaire. Il manifesta sa volonté au pape par une longue note émanant du conseil de conscience, et sans doute du P. Annat, qui fut transmise à l'ambassadeur duc de Chaulnes en décembre 1666. Ce mémoire, que les jansénistes se procurèrent et publièrent peu après % contient des instructions, on pourrait presque dire des ordres pour Alexandre VIL II lui est réclamé deux brefs, — l'un blâmant les mandements des quatre, leur en enjoignant rétractation en même temps qu'une signature pure et simple, — l'autre ordonnant qu'on leur fît un procès instruit et conclu par douze archevêques ou évêques, « omni appellatione remota », et sans récusations possibles; on aurait d'ailleurs soin de choisir des juges fort hostiles à la doctrine des accusés : le roi tient d'ailleurs à la disposition de Sa Sainteté la liste de ceux qui « marcheront d'un assez bon pied et avec le zèle et la sincérité nécessaires ».

Marescotti , secrétaire de la congrégation des brefs, porta à Chaulnes une réponse brève et nette 2; le pape ne s'opposait pas au jugement des quatre, mais à cette condition que la sentence émanerait de sa seule autorité; il ne se refuse pas cependant à déléguer l'archevêque de Paris, mais ce ne sera qu'un « mero essecutore » ; par affection pour le roi, il consentirait à lui adjoindre quatre autres prélats comme « sopra essecutori ». Louis XIV fut très

gers, à qui l'on me mande que l'on va donner des commissaires avec trois autres de ses confrères. Mandez-moi, je vous en prie, ce qui regarde ces affaires, au moins ce qui en est public et qui n'importe pas qui soit veu » (autographe de Pomponne à Andilly, 17 avril 16Ô6 : Arsenal ôoSy, fol. 32 ro).

1. Il est publié dans le Huitième mémoire sur les nullité:^, abus et injustices d'un bref contre les quatre évesques, in-4t>, 28 p., s. 1., daté, p. 21, 20 may 1607.

Page 1