CHAPITRE CINQUIÈME. — VOCATION
en entendant au retour son digne ami deviser des voies de la Providence et des issues possibles à la grande affaire qui les occupait tous deux. Une éventualité fut alors mentionnée, que le jeune homme ne dut pas écouter sans surprise. « Priez et consultez votre confesseur, » avait ajouté son guide.
Henry pria, consulta. Mais la réponse ne lui vint pas des hommes. Son directeur était un Père qui connaissait par une longue expérience le cœur de la jeunesse, et que cette expérience même avait rendu très réservé sur l’article de la vocation. Il s’abstint, sûr que son pénitent, quelque chemin qu’il prit, aboutirait où Dieu le voulait. Henry lui sut gré de cette discrétion, qui, en attendant, le laissait seul juge des mouvements qui l’agitaient. :
Mais pourquoi hésiter? N’avait-il pas sa place marquée au séminaire de ces missions congolaises qui lui avaient pris son cœur? Justement à cette époque, le district du Kwango venait d’être confié à la Province belge de la Compagnie de Jésus. Maïs, dans la Compagnie, ses projets héroïques n'étaient plus garantis. Il em attendrait l'accomplissement de longues années; peut-être mourrait-il sans l’avoir vu, comme son ami le Frère Herman, comme:d’autres dont il savait l’histoire... Glaçante perspective que rien ne compensait, au contraire. L'image qu'Henry se faisait de la vie du jésuite, était une menace importune à sa vive nature, ennemie de toute contrainte imposée par le dehors. « J’étoufferais là, » disait-il: il étouffait
déjà au milieu de notre monde civilisé dont le forma-