‹ Henry Beck de la Compagnie de JésusChapitre 23 sur 82 · GS HENRY BECK · texte numérisé non relu

GS HENRY BECK

lisme le serrait comme un étau. La vie de $S. Jean Berchmans qu'il avait lue, l’avait laissé sous cette impression. Faut-il trop s’en étonner? Avec le tempérament qu'on lui connaît l’austère physionomie d'un Pierre Claver l’eût conquis plus vite que la douce et angélique figure du jeune étudiant.

Et pourtant Dieu le voulait frère de Berchmans. Il le lui signifia par un de ces ordres, comme il en adresse aux âmes fortes, sans commencer par mettre leurs goûts d'accord avec leurs devoirs. Henry croyait sa résolution prise tout de bon. La retraite de vocation l’éclaira d’une manière inattendue. À son insu, un attrait encore trop naturel s'était insinué dans les motifs qui l'avaient déterminé. Peut-être la longue formation du jésuite lui était-elle une préparation nécessaire aux labeurs apostoliques. S'il la redoutait, n'était-ce pas qu’il en avait besoin?

Du coup la question changeait de face. La foi et la raison devaient maintenant parler seules. Leur réponse, résolument sollicitée en présence de Dieu, fut catégorique: c'était un appel au sacrifice. Aussitôt la décision d’'Henry fut prise, aussi généreuse qu elle était libre: il entrerait dans la Compagnie de Jésus; ses goûts et ses répugnances s’en arrangeraient comme ils pourraient. Il alla porter devant le saint tabernacle la résolution qui termin'ait ses longues incertitudes; puis, passant à l'acte sur-le-champ, il demanda son admission au noviciat.

La lumiè.e était donc venue, mais non la paix,

moins encore la douceur. Dans cette lutie douiou-

Page 1