‹ Henry Beck de la Compagnie de JésusChapitre 49 sur 82 · HENRY BECK, S$. J · texte numérisé non relu

HENRY BECK, S$. J

Ces brûlants désirs portaient au reste la marque

qui seule garantit les projets de sacrifice pour l'avenir.

La croix qu'Henry désirait pour demain, il l’aimait aujourd'hui sous une forme d'autant plus méritoire

qu'il ne l’avait pas demandée.

Aux mille petits dégoûts et agacements dont l’abreuvait par elle-même la vie d'études, le vaillant religieux ajoutait sans compter. Que de traits de son industrieuse mortification l’on pourrait citer ici. « Interroger pour faire voir mon ignorance, » avons-nous lu dans ses résolutions. Mais sa conduite en classe nous avait déjà révélé ce secret.

Au noviciat, il avait combattu son défaut de langue avec un succès étonnant, Dieu sait au prix de quels efforts. Il continua la lutte à Tronchiennes. Entre autres exercices, il demandait aux professeurs de l’interroger fréquemment en public et de le corriger sans merci. Et il ajoutait avec son sourire énergique: « Ce n'est pas que cela m'amuse, mais j'en ai besoin. » Variante à peine modifiée d’une demande, qu un jour, passé l’âge qui est la raison de ces propos, il adressait à son supérieur: « Humiliez-moi, Père Recteur, cela me coûte, mais me fait du bien. » Franc et noble cœur, quel commentaire toute sa vie faisait à cette prière, que tel autre pourrait hasarder sans la moindre appréhension d'être pris au mot.

Quand l’'humiliation venait des choses, elle ne le trouvail pas moins bien préparé. À Tronchiennes, il eut, comme tous ses condisciples, un sermon à précher au réfectoire. Son tour vint le jour de la Purification. Malgré le soin avec lequel Henry s'était préparé, la mémoire lui manqua. Il dut descendre de la chaire. Petite mésaventure, dont une imagination de vingt ans peut faire un grand malheur. Le Frère Beck n'y vit que l’occasion d’un joyeux /iat.

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