CHAPITRE DOUZIÈME. — MORT
» Palmas! je vous avoue que je n’en suis pas du » tout fâché. Si pendant toute cette traversée, j'ai pro- » noncé deux cents mots, c'est beaucoup. J'étais in- » capable de lire les quelques livres que j'avais » emportés, parce que le médecin m'avait défendu » d'étudier. Il ne me restait qu une double ressource: » prier et me reposer. J'ai eu l’occasion de goûter » quelque chose de l'isolement par lequel passe le » missionnaire. Le bon Dieu m'accordait ce que je lui » avais demandé, je n'avais qu'à le remercier.
» Je ne sens pas le moindre brin d'enthousiasme » pour la vie (t)-au Congo. Cependant avec la grâce » du bon Dieu, je vous demande, mon Révérend Père, » de m'y renvoyer dès que ma bronchite sera guérie. » Le bon Dieu permettra peut-être que je m'ajoute » aux Pères qui passeront ici dans quelques mois. » Mais fiat! » |
Ces paroles devaient être le testament de son âme vaillante. Comme le vœu dont elles étaient le dernier accomplissement, disent-elles assez haut quel attrait avait enchaîné cette jeune vie aux rudes labeurs de la Mission congolaise?
Le Coomassie relâchait le lendemain à Las Palmas. Le Frère Beck, sans doute sur les conseils reçus à Tumba ou à Matadi, avait résolu de s'arrêter dans la Grande Canarie, où les communications avec l’Europe et le Congo sont plus faciles qu'à Madère.
Pendant la traversée, la maladie avait précipité ses ravages. La brise saline de la mer, à laquelle s ajouta,