NN
» vant à peine parler à cause de ma laryngite, pour apprécier cette charité vraiment chrétienne.
» De fait, le Coomassie quitta Matadi le lendemain, » mais vers midi seulement. Durant les premiers jours, » nous n'avons guère fait de chemin. IL fallut faire » escale à Boma, à Banana, à Landana, où nous avons » stoppé deux jours... Finalement le Coomassie s’est » mis en marche... »
Le LA
Quelques jours auparavant, il écrivait à sa mère:
« N’étaient la voix des passagers, les cris des gens » de service et tout le tintamarre d’un steamer en » marche, je crois que je dormirais toute la journée... » Il y a des jours où je ne dis pas un mot, et cet » isolement ne me coûte guère. Avec le bon Dieu, on » est bien partout; mais sans lui que devient la vie » quand on souifre? » (3 décembre.)
Malgré la fatigue et l’accablement, il poursuit son journal presque sans omettre une date... Quel effort a dû lui coûter cette dernière attention de sa piété
1. Du clergé de Gand, M. D'Hooghe est le fondateur de plusieurs œuvres catholiques très florissantes, à Matadi.
filiale! La nerveuse écriture d'autrefois vacille et trémblote à faire pitié, sur ces pages plus tendres et plus affectueuses que jamais.
Le 11 décembre, il écrit encore à sa sœur:
« Je n'ai fait jusqu'ici que quatre mois de Congo. » Cependant je crois que jy ai beaucoup appris. Là » comme partout, il ny a que des hommes unis au » bon Dieu, qui peuvent faire un bien sérieux. D’après » mes autres lettres, tu auras vu l'impression que le » noir me causait. 10.
» Ce qui est autrement précieux, c’est l’autre ensei- » gnement que j'ai reçu. Le bon Dieu a bien voulu me » mener par la voie tout opposée à celle que je » croyais. Il faut avoir passé par ce bouleversement » de ce que l’on a le plus à cœur, pour en revenir » à ne s'attacher qu'à une seule chose: aire la volonté » de Dieu. Là se trouvent le vrai sacrifice et la vraie » Joie.
» Venons-en maintenant au Congo... » Ici, de sa main défaillante, il ajoute quelques détails sur les établissements des Sœurs de Notre-Dame au Kwango. Et l'émotion vous prend d'entendre, dans ces petites nouvelles, le suprême écho terrestre des conversations qui avaient charmé son enfance. Son dernier adieu à la confidente préférée de son âme, ne devait-il pas | lui parler des choses qu’ils avaient aimées ensemble d’un même et invariable amour ?
Le 17, il achève la lettre commencée quatre jours auparavant pour le R. P. Provincial. :
« Demain matin, paraît-il, nous arrriverons à Las