‹ Henry Beck de la Compagnie de JésusChapitre 8 sur 82 · CHAPITRE DEUXIÈME. — ANNÉES DE COLLÈGE · texte numérisé non relu

CHAPITRE DEUXIÈME. — ANNÉES DE COLLÈGE

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rentrer en classe avant d'avoir donné satisfaction à l'autorité. Obtenir d'Henry laveu d'un tort qu'il ne se reconnaissait pas, épineux problème! Plusieurs s'y essayèrent en pure perte. « J'avais beau, écrit l’un d'eux, avec tout mon ascendant d'ami et dainé, lui représenter que, eût-il raison en droit, le mauvais exemple qu'il donnait lui faisait un devoir de céder...: « Il était dans son droit, il se laisseïait mettre » aux arrêts, etc. » Ce fut sa seule réponse pendant deux jours. La chose tournait au scandale, de la part d’un élève aussi exemplaire. Un éclat semblait inévitable, lorsqu'un Père trouva l'argument topique: « S'il vous en coûte tant de vous soumettre, faites-le pour vous vaincre! » Le coup porta. « Le matin du troisième jour, pendant la récréation de dix heures, poursuit le camarade qui avait essayé de calmer Hen- Fy, je le vis partir d'un air décidé, pour se rendre chez le KR. P. Recteur. Quand il sortit, il vint à moi, son bon regard tout illuminé et tout fier de Ia victoire remportée; et me serrant la main à la disloquer: « C’est fait! » me dit-il. Il lui en avait coûté, mais ce fut la dernière fois. » —— Tel était le caractère qu’alarmait une vivacté de parole sur le compt? du prochain. | ne se

Voici encore un trait de sa charité. Un de ses jeunes condisciples se mourait en ville. Henry obtint d'accompagneér le P.. Préfet dans la visite que celui-ci faisait chaque semaine au pauvre malade. Un rayon de joie et de résignation pénétrait avec lui dans cette chambre où déjà planait la mort, Plusieurs années

après, la mère de l'enfant rappelait encore avec émotion les visites d'Henry: « Oh! comme il était bon pour mon fils, » disait-elle à un ancien professeur du collège. | '

Cette foncière bonté de cœur explique seule peutêtre comment un caractère aussi élevé et d’une trempe aussi virile ait été compris par la masse de ses jeunes compagnons. L'influence d’'Henry sur ses condisciples était énorme, au témoignage très concordant, non seulement de ses amis mais encore de ses maîtres. « Elle dépasse tout ce que l’on peut imaginer, nous disait l’un de ceux-ci; il faut l'avoir vue de ses yeux pour s’en faire lune idée. » Pourtant Henry s'était peu soucié de l’acquérir. L’ascendant qu'il exerçait n'avail rien de cette popularité subalterne, qui, au collège comme ailleurs, est vite payée plus que son prix. Il n’en coûta à sa piété ni une concession, ni une feinte. On peut juger par le trait suivant à quelle sérieuse estime il devait cette influence. Henry était notoirement l'ami de ses maîtres avec lesquels, au vu et au su de tous, il était en relations suivies. Il n'en garda pas moins l'entière confiance de ses condisciples. Pas une seule fois il ne fut soupçonné de délation et d'espionnage; même quand il était le plus directement en cause. Car tout arrive, et Henry, sans lavoir voulu, attira un jour la foudre sur ses camarades. Lors de son passage à la division supérieure, quelques espiègles s’avisèrent, assez à l’étourdie, de lui souhaiter la bienvenue par une brimade

de mauvais goût. L'autorité dut sévir. Mais ni cette

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